vendredi 29 avril 2016

Le philosophe qui n'était pas sage, Laurent Gounelle

Entre Elianta, la chamane d'un peuple vivant dans la forêt tropicale, et Sandro, un mystérieux étranger qui se dit philosophe, la lutte s'engage. L'une va tout faire pour protéger le bonheur des siens. L'autre s'est juré de détruire leur bel équilibre.
Après le décès de Tiffany, Sandro, professeur de philosophie, décide de partir au fin fond de la forêt tropicale pour se venger de la tribu d'indiens qu'il juge responsable de la mort de sa compagne. Il fait appel à d'anciens mercenaires reconvertis en guides pour atteindre le village. Sa première idée était d'anéantir totalement le village et ses habitants, mais sa vengeance va devenir beaucoup plus « subtile » : pervertir ce peuple heureux qui vit en parfaite harmonie avec la nature. Peu à peu, les indiens vont découvrir l'individualisme, la violence, la jalousie, et parallèlement les mercenaires vont faire l'expérience de l'exaltation qu'apporte le pouvoir de l'homme sur l'homme. Petit à petit, ce village va devenir le reflet de nos sociétés de consommation, avec ses dérives, ses contradictions et cette course au pouvoir. 
Laurent Gounelle nous fait une démonstration diablement efficace, son style est fluide et la lecture aisée. Mais le tout est peut-être un peu trop limpide, point de suspens, on sait où il veut nous emmener et il y arrive sans aucun souci. Autre bémol : la fin, trop "gentille", que je ne trouve pas en adéquation avec le reste, ce n'est pas cette "solution" que j'aurais choisie…

mercredi 27 avril 2016

Le retour du professeur de danse, Henning Mankell

Décembre 1945. Dans l'Allemagne vaincue, un passager solitaire descend d'un avion militaire britannique et se rend à la prison de Hameln. Là, il procède à la pendaison de criminels de guerre nazis. Mais l'un d'eux a échappé à son sort. Octobre 1999,dans le nord de la Suède, Herbert Molin, un policier à la retraite, est torturé à mort. Dans sa maison isolée, les empreintes sur le parquet semblent indiquer que le tueur a esquissé un tango sanglant avec sa victime. Ici, ce n'est plus le commissaire Wallander qui mène l'enquête. Au même moment, à l'autre bout de la Suède, le jeune policier Stefan Lindman apprend deux mauvaises nouvelles : il a un cancer et son ancien collègue a été assassiné. Pour tromper son angoisse, il décide de partir dans le Härjedalen et d'enquêter lui-même sur ce meurtre. Or, les ombres d'un passé très noir se sont réveillées. Elles ont frappé. Elles vont frapper encore et encore. Stefan a peur. Mais il est jeune, malade. Il ignore combien de temps il lui reste à vivre. Il n'a rien à perdre.
Mon premier Mankell  et un gros coup de cœur pour ce polar qui nous plonge dans un univers très sombre. Stefan Lindman, jeune flic de 37 ans apprend qu'il est atteint d'un cancer de la langue et une mauvaise nouvelle n'arrivant jamais seule, c'est le meurtre de
son ancien collègue et mentor, qu'il découvre en ouvrant le journal. Condamné à prendre du repos avant le début de son traitement, il décide de savoir ce qui est arrivé et part mener l'enquête de façon officieuse. Et cette enquête va lui faire découvrir que Herbert Molin a un passé qui se confond avec l'histoire du nazisme, et que cette « ambiguité » de la Suède (et d'autres pays scandinaves) envers le IIIe Reich a encore des répercussions aujourd'hui et que se voiler la face n'est pas la bonne solution. Alors s'agit-il d'une vengeance ou d'un simple meurtre ? Mankell va nous conduire à la réponse de façon méthodique, imparable, dans une atmosphère trouble. Le tout est servi par des personnages dont on retiendra la profonde humanité, ils trainent leurs angoisses et leurs doutes, leurs questionnements rendent l'atmosphère plus pesante encore. Implacable, c'est ainsi que je résumerais ce polar. Une belle découverte que cet auteur qui nous a malheureusement quittés mais il laisse derrière lui une bibliographie bien fournie qui me promet de beaux moments de lecture à venir.

lundi 4 avril 2016

Les croassements de la nuit, Preston & Child

Medicine Creek, un coin paisible du Kansas. Aussi, quand le shérif Hazen découvre le cadavre dépecé d’une inconnue au milieu d’un champ de maïs, il se demande s’il ne rêve pas : le corps est entouré de flèches indiennes sur lesquelles ont été empalés des corbeaux. Œuvre d’un fou ? Rituel satanique ? Il faut le flair de Pendergast, l’agent du FBI, pour comprendre que cette sinistre mise en scène annonce une suite.
Qui sème parmi les habitants une épouvante d’autant plus vive qu’il ne fait pas l’ombre d’un doute, pour Pendergast, que le tueur est l’un d’eux...


Encore un petit bijou du fameux duo Preston & Child. C’est toujours un plaisir de retrouver Aloysius Pendergast, agent du FBI, un peu dandy et totalement déroutant. L’intrigue est elle aussi déroutante, on se retrouve dans un village de l’Amérique profonde, au milieu de nulle part, où des crimes sauvages sont commis. Leur mise en scène attirent bien évidemment Pendergast qui, contrairement à ses habitudes, s’allouent une assistante en la personne d’une jeune autochtone, gamine paumée qui n’entre pas dans le cadre et qui va apporter un peu de fantaisie dans sa vie. Les crimes vont se succéder, plus sauvages les uns que les autres, déconcertant les enquêteurs du cru. Le passé va ressurgir en laissant planer sur tous ces crimes légende et malédiction, apportant un zest de surnaturel à l’enquête. Le tout est mené tambour battant jusqu’au dénouement et encore une fois, Preston & Child nous entraînent dans une histoire qui nous tient en haleine de bout en bout.

vendredi 1 avril 2016

Séduction, Karin Slaughter

Evelyn, la mère de Faith Mitchell, a passé quarante ans dans la police avant de prendre sa retraite. Elle répond toujours au téléphone. Sauf aujourd’hui. Sur place, Faith découvre l’empreinte d’une main ensanglantée sur la porte de la maison. Elle semble oublier ce qu’elle a appris à l’école de police et entre en brandissant son pistolet : un homme gît au sol et un autre est tenu en otage dans la chambre. Pas de trace de sa mère. ”Vous savez pourquoi nous sommes ici. Vous nous le filez et nous la laissons partir”. De quoi parlait-il ? Faith n’en avait aucune idée. Sa mère était une veuve de soixante-trois ans. Ce qui avait le plus de valeur dans sa maison, c’était le terrain sur lequel elle était bâtie. Pour retrouver sa mère, elle aura besoin de l’aide de Will Trent, son coéquipier, et du médecin urgentiste Sara Linton. Mais à présent, elle n’est plus une simple policière, elle est témoin et, plus tard, sera suspecte. Son enquête l’amènera à franchir la frontière derrière laquelle s’abritent la corruption policière, le chantage et même des meurtres. Et si Faith devait renoncer, il faudra qu’elle accepte que la vérité soit dissimulée à jamais.

Je ressors très mitigée de cette lecture au même titre que ce que j’avais ressenti à la fin de "Broken" le précédent opus de Karine Slaughter que j’avais lu. Pourtant l’intrigue en elle-même est passionnante et nous entraine dans une enquête un peu particulière puisqu’il s’agit de la disparition de la mère de Faith. C’est un véritable plaisir de retrouver les personnages de Faith, Will et Amanda, cette équipe de choc liée non seulement par leur travail mais aussi par des sentiments plus profonds de respect et d’amitié. Par contre, le personnage de Sara est aussi ennuyeux que dans "Broken", elle semble catapultée dans l’intrigue par l’auteure mais son personnage n’apporte rien à l’histoire et sa relation avec Will n’a aucune crédibilité. Heureusement l’intrigue ne laisse aucun temps mort, Karin Slaughter nous entraîne sur différentes pistes, le rythme est comme toujours soutenu. Elle fait évoluer les personnages au fil de l’enquête, faisant ressortir les points forts et les points faibles de chacun, leur complexité. Un bon thriller donc dans son ensemble, mais par un "excellent thriller" comme Karin Slaughter peut en écrire. A voir ce que donnera le suivant "Criminel" qui regroupe ces personnages et aussi "Pretty Girl" un thriller qui n’a rien à voir avec cette série.