dimanche 23 novembre 2014

Alex, Pierre Lemaître

Qui connaît vraiment Alex ?
Elle est belle. Excitante. 
Est-ce pour cela qu’on l’à enlevée, séquestrée et livrée à l’inimaginable ? Mais quand le commissaire Verhoeven découvre enfin sa prison, Alex a disparu. 
Alex, plus intelligente que son bourreau. 
Alex qui ne pardonne rien, qui n’oublie rien ni personne. 
Un thriller glaçant qui jongle avec les codes de la folie meurtrière, une mécanique diabolique et imprévisible où l’on retrouve le talent de l’auteur de Robe de marié. 

Je ne connaissais pas Pierre Lemaître, j’avais bien sûr entendu parler de lui avec "Au revoir là-haut" mais je n'avais encore jamais rien lu de lui. Quelle erreur !! Ce "Alex" renferme tous les bons ingrédients pour captiver le lecteur du début à la fin. Même si dans les premières pages j’ai eu un peu de mal avec le style, l’intrigue l’a emporté.
Alex, jeune femme en apparence sans soucis, se fait enlever au coin de sa rue. C’est l’équipe menée par le commissaire Le Guen qui est chargée de l’enquête. Il y a d’abord Camille  Verhoeven, 1.45 m, chauve et qui depuis l’enlèvement et le décès de sa femme enceinte 4 ans auparavant, est sur la touche et s’y plaît. Le Guen le met sur cette affaire espérant le faire sortir de sa "torpeur". Et puis il y a aussi Louis, fils à papa extrêmement riche et bien élevé qui préfère être flic à la criminelle que vivre de ses rentes et qui selon Camille, même "vieux, il mourra avec l’air jeune". Et le dernier à compléter ce trio de choc c’est Armand, grand avare devant l’Eternel et qui est d’une ingéniosité sans pareille pour profiter des gens. Bref, ils n’ont rien des flics super héros made in USA ! Au cours de leur enquête, ils vont découvrir peu de choses sur Alex, et quand ils vont retrouver l’endroit où elle a été détenue, c’est pour s’apercevoir qu’il n’y a plus personne, la jeune femme a réussi à s’échapper. Le ravisseur va être retrouvé mais il va s’enfuir et se jeter d’un pont. Mais l’enquête n’est pas pour autant close et je n'en dirai pas plus pour conserver le "suspens" car Pierre Lemaître prend un malin plaisir à nous balader de page en page, les cadavres s’amoncellent sans aucun lien apparent entre eux, si ce n’est Alex… Avec une histoire construite en trois parties qui s’enchaînent de façon progressive, Lemaître nous livre un roman certes violent, mais haletant et déroutant, qui fait la part belle aux personnages. J’ai été conquise et je vais me plonger dans les précédents romans qui mettent en scène cette fine équipe à la french touch inimitable !



mercredi 19 novembre 2014

Challenge "Les Dames en Noir"

Les auteures de polar sont à l'honneur
avec ce challenge proposé par Zina

Le but de ce challenge est tout simple :
lire des polars, thrillers ou romans noirs
écrits par des femmes.
Les nouvelles sont acceptées,
ainsi que les écrits sous pseudonymes masculins.
Le challenge a commencé le 11 novembre
et se terminera le 31 décembre 2015.


Pour participer
Les inscriptions sont ouvertes à tous et se font soit sur ce billet, soit sur le topic du challenge sur Livraddict. Vous vous inscrivez quand vous voulez.
  
Bon challenge à toutes et à tous !!

dimanche 2 novembre 2014

Vengeance, impair et passe, Jeffery Deaver

Depuis six ans, l’agent Corte, spécialisé dans la protection des personnes, est obsédé par Henry Loving, individu impitoyable qui a tué son mentor et ami. Lorsqu’il est chargé d’assurer la sécurité de la famille Kessler, prise en chasse par Loving, Corte y voit l’occasion de se venger. La mission tourne très vite au duel entre les deux hommes, où chacun tente d’anticiper les mouvements de l’adversaire à l’aide de stratégies de plus en plus complexes. Les Kessler, pris entre deux feux et cloîtrés dans une planque, ignorent lequel d’entre eux est la cible de Loving. Leurs relations se tendent jusqu’au point de rupture. Corte, malgré l’opposition de sa hiérarchie, décide d’appliquer sa propre stratégie : vengeance, impair et passe.

Je n’avais rien lu jusqu’à présent de Jeffery Deaver, c’est donc totalement « neutre » que j’ai abordé ce « Vengeance, impair et passe » et c’est une très bonne découverte. Au premier abord, l’histoire n’a rien d’original : confrontation entre le bon et le méchant. Le bon, c’est l’argent Corte, spécialiste de la protection des témoins, et le méchant, c’est Loving, spécialiste de la torture. Leur première rencontre a été « explosive » et a laissé Corte avec un seul but : se venger. Mais Deaver n’a pas son pareil pour nous emmener au fil des pages là où il veut, il nous hypnotise totalement et ce, dès le prologue. On entre directement dans le vif du sujet en faisant connaissance de Loving et de son « art ». Quelques années plus tard, sa route croise à nouveau celle de Corte, et débute alors un affrontement de chaque instant entre les deux hommes. Corte est un stratège adepte des jeux de plateau et il ne laisse rien au hasard, mais il a en face de lui un redoutable adversaire. Parallèlement au duel entre les deux hommes, on découvre les « cibles », la famille Keller, que doit protéger Cole, et là aussi, il ne faut pas se fier aux apparences, la cible n’est peut-être pas celle que l’on croit. Le point fort de Deaver c’est de dérouler son intrigue comme un film, j’ai vraiment eu la sensation de suivre un film d’action, sans temps mort jusqu’au dénouement. Et si Deaver prend plaisir à nous « embrouiller », il le fait finement, d’une façon « stratégique » pour nous emmener sur une fin parfaite. Mais surtout, là où il m’a menée par le « bout du nez », c’est sur le personnage de Corte, si tout au long du roman, on s’attache à sa personnalité, on pense l’avoir cerné, quand arrivent les toutes dernières pages, on s’aperçoit qu’on s’est fait berné… mais avec plaisir ! Une vraie bonne découverte et un coup de cœur que ce « Vengeance, impair et passe » et je vais examiner de très près les autres parutions de Jeffery Deaver.
 

Merci à Babelio et aux Editions des Deux Terres pour cette découverte.
 




dimanche 5 octobre 2014

Les visages, Jesse Kellerman


Lorsque Ethan Muller, propriétaire d’une galerie, met la main sur une série de dessins d’une qualité exceptionnelle, il sait qu’il va enfin pouvoir se faire un nom dans l’univers impitoyable des marchands d’art. Leur mystérieux auteur, Victor Crack, a disparu corps et âme, après avoir vécu reclus près de quarante ans à New York dans un appartement miteux. Dès que les dessins sont rendus publics, la critique est unanime : c’est le travail d’un génie. La mécanique se dérègle le jour où un flic à la retraite reconnaît sur certains portraits les visages d’enfants victimes, des années plus tôt, d’un mystérieux tueur en série. Ethan se lance alors dans une enquête qui va bien vite virer à l’obsession. C’est le début d’une spirale infernale à l’intensité dramatique et au coup de théâtre final dignes des plus grands thrillers. Bien loin des polars calibrés habituels, Jesse Kellerman, styliste hors pair, nous offre ici un roman d’une indéniable qualité littéraire qui, doublée d’une intrigue machiavélique, place d’emblée le livre au niveau des plus grandes réussites du genre, tels Mystic River, de Dennis Lehane, ou L’Analyste, de John Katzenbach.

J’avais lu beaucoup de bonnes critiques sur ce roman et l’idée de départ m’avait séduite : des dessins retrouvés représentent des portraits d’enfants disparus dans les années 70. Mais la déception est vite arrivée : j’ai trouvé l’ensemble lent, le suspens quasi inexistant. J’en suis même arrivée à préférer les parties qui racontent l’histoire de la famille du galiériste Ethan Muller avant et à son arrivée en Amérique. Je l’ai lu jusqu’au bout pour voir si j’allais être étonnée par la fin, mais non, aucune surprise. C’est dommage car c’est bien écrit et certains passages sur le milieu de l’art contemporain new-yorkais sont réjouissants. C’est un premier roman, j’attends le prochain pour cerner tout à fait l’auteur.

Les anges aquatiques, Mons Kallentoft


Patrick et Cecilia Andergren sont retrouvés assassinés dans le jacuzzi de leur villa cossue. Leur fille adoptive, Ella, cinq ans, a disparu. Aussitôt, la police pense à l’enlèvement… mais il y a aussi le fleuve tout proche. Malin Fors, qui sait maintenant qu’après la grave blessure dont elle a été victime en service, elle n’aura sans doute plus d’enfant, prend l’affaire particulièrement à cœur.

Je ne connaissais pas  Mons Kallentoft et je n’ai lu aucun des romans de sa première série sur les saisons "Hiver, Printemps, Eté, Automne, La cinquième saison" qui mettent en scène le personnage de Malin Fors, enquêtrice. J’ai donc débuté avec sa nouvelle série sur les éléments sans connaître les personnages récurrents, mais ça n’a pas été franchement dérangeant, tant l’intrigue est bien menée et la psychologie des protagonistes bien traitée. 
C’est donc à Malin Fors qu’est confiée l’enquête sur le meurtre des Andergren et sur la disparition de leur fille Ella, une petite Vietnamienne adoptée. Pour Malin, retrouver cette enfant est avant tout un défi personnel, elle qui ne peut plus avoir d’enfant et qui se débat entre un compagnon volage et une fille avec qui le dialogue devient impossible. Et puis surtout, il y a sa lutte contre son vieux démon : l’alcool. Au travers de cette enquête on découvre les dessous de l’adoption entre le Vietnam et la Suède, tous ces enfants volés à leurs parents "un enfant contre un cochon" et la façon dont la Suède a "résolu" ce problème. L’intrigue est menée de main de maître, Kallentoft prend son temps mais sans jamais lâcher le lecteur, on piaffe d’impatience et on suit l’enquête avec voracité. Malin Fors est un personnage comme je les aime : ultra-sensible, torturée mais qui joue les fières à bras, elle est dévorée par la colère et la violence. Les autres membres de son équipe sont également très crédibles : plein de contradictions, de défauts mais attachants. Le style très fluide rend l’intrigue passionnante du début jusqu’à la fin. 
Une très belle découverte que cet auteur et je vais me pencher sur sa première série pour découvrir les débuts de Malin Fors.

dimanche 24 août 2014

Purgatoire des innocents, Karine Giebel


Je m’appelle Raphaël, j’ai passé quatorze ans de ma vie derrière les barreaux. Avec mon frère, William, et deux autres complices, nous venons de dérober trente millions d’euros de bijoux. Ç’aurait dû être le coup du siècle, ce fut un bain de sang. Deux morts et un blessé grave. Le blessé, c’est mon frère. Alors, je dois chercher une planque sûre où Will pourra reprendre des forces.
Je m’appelle Sandra. Je suis morte, il y a longtemps, dans une chambre sordide. Ou plutôt, quelque chose est né ce jour-là...
Je croyais avoir trouvé le refuge idéal. Je viens de mettre les pieds en enfer.
Quelque chose qui marche et qui parle à ma place. Et son sourire est le plus abominable qui soit...

Lecteur attention : en ouvrant ce livre, tout comme Raphaël, vous « mettez les pieds en enfer »…
L’histoire débute par un casse dans une bijouterie et ce qui aurait pu être banal, va devenir hors du commun tant la violence et la perversité sont omniprésentes. Les personnages sont happés par une spirale infernale que rien ne laissait entrevoir. Tout d’abord il y a Raphaël, le chef de la bande, casseur « à l’ancienne », avec son code d’honneur ; son petit frère William qui voue une admiration sans borne à son aîné ; puis Fred, un ancien compagnon de route de Raphaël et enfin Christel, la petite amie de Fred. Tous les quatre font un casse qui se termine par une fusillade : un flic et une passante sont tués, et William est blessé. S’ensuit une course poursuite avec les forces de l’ordre à qui ils parviendront à échapper. Devant la gravité de la blessure de Will, ils s’arrêtent dans un petit village où le corps médical est représenté par une vétérinaire, Sandra, qu’ils vont prendre en otage et séquestrer le temps que Will soit en mesure de poursuivre la route. Sandra vit à l’écart du village, son mari est en déplacement et ne devrait pas tarder à rentrer ; Raphaël est confiant, il ne craint pas un otage en plus. Et c’est là toute son erreur. Va commencer alors un huis-clos implacable qui nous entraîne dans des abîmes sans fond. Karine Giebel ne nous lâche pas une seconde. Au travers de ses personnages elle nous entraîne toujours plus loin dans la perversité et l’horreur et j'ai eu beaucoup de mal à lire certains passages, tant la violence était présente, c’était parfois à la limite de l’overdose. Elle nous plonge dans la noirceur de la nature humaine sans nous laisser respirer un seul instant jusqu’au dénouement final. Ses personnages sont ciselés à la perfection, les émotions sont exacerbées au maximum et sa maîtrise transforme un banal fait divers en une intrigue vertigineuse qui nous mène tout droit en enfer.  Je suis sortie totalement KO de cette lecture et je me demande ce que Karine Giebel nous réserve dans son prochain livre et ce qu'elle pourra faire de mieux dans le "pire" que ce « Purgatoire des innocents ».


dimanche 17 août 2014

Demain j'arrête, Gilles Legardinier


Et vous, quel est le truc le plus idiot que vous ayez fait de votre vie ? Au début, c’est à cause de son nom rigolo que Julie s’est intéressée à son nouveau voisin. Mais très vite, il y a eu tout le reste : son charme, son regard, et tout ce qu’il semble cacher... Parce qu’elle veut tout savoir de Ric, Julie va prendre des risques de plus en plus délirants... 

Voici un peu de détente entre deux thrillers… Julie, célibataire un peu « Madame Folledingue » se met en tête de savoir qui est ce mystérieux voisin qui vient d’emménager au-dessus de chez elle, et comme elle ne fait pas « dans la dentelle », les situations abracadabrantes et les quiproquos s’enchaînent à la vitesse grand V. Elle est entourée d’une galerie de personnages aussi délirants qu’improbables, en passant de ses copines totalement déjantées à son ami d’enfance et sa fameuse XAV-1 ou encore sa boulangère. Le rythme est enlevé, les chapitres courts et le tout se lit rapidement et aisément. C’est une histoire « gentille » qui respire les bons sentiments, l’idéal pour la plage… mais pas plus.

Le tueur de l'ombre, Claire Favan


Will Edwards, tueur en série de la pire espèce, parvient à s’évader grâce à un mystérieux complice. RJ Scanlon, profiler et chef d’une équipe d’enquêteurs du FBI qui l’avait lui-même mis sous les barreaux, part à nouveau sur les traces de son ennemi le plus intime. Intime au point que cette évasion perturbe le couple que l’enquêteur forme désormais avec Samantha, qui n’est rien moins que... l’ex-épouse du criminel qu’elle a livré à la police. Nul doute que Will Edwards veut sa vengeance. 
Inexplicablement, l’assassin reste inactif et les mois s’écoulent. RJ Scanlon est dans l’impasse. Mais, lorsque les meurtres reprennent, plus cruels que jamais, Edwards frappe au plus juste avec une telle évidence que le doute s’installe. De subtiles variations dans la signature du dément sont perceptibles. Ont-ils affaire à un imitateur? Non, bien pire...

Au début de ce « Tueur de l’ombre » Will Edward est en prison, Samantha (son ex épouse) est en couple avec RJ Scanlon et ils ont un bébé. Tout est donc parfait dans le meilleur des mondes. Sauf que… Il suffira d’un coup de téléphone annonçant l’évasion de Will pendant un transfert pour que toutes les certitudes s’effondrent. Sam et RJ savent que Will va chercher à se venger et leur vie va tourner au cauchemar, d’autant plus que tout laisse à penser que Will a bénéficié d’une complicité lors de son évasion. Leurs nerfs sont mis à rude épreuve car pendant des mois, rien ne se passe, Will Edward semble s’être évaporé dans la nature… Jusqu’au jour où les meurtres reprennent, encore plus violents et pervers qu’auparavant, et même si la signature n’est pas tout à fait la même, tout laisse à penser que Will a repris du service. Et à partir de là, tout va s’enchaîner : la traque du tueur, les doutes de RJ sur le bien-fondé de son couple, Samantha à nouveau pointée du doigt par la police et la presse… Tous les personnages sont fragilisés, confrontés à leurs doutes, ils sont rattrapés par le passé et poussés dans leurs retranchements, ils n’auront pas d’autre choix que d’aller au bout d’eux-mêmes pour échapper à ce cauchemar. 
Dans cet opus, Claire Favan met plus en avant la psychologie des personnages que dans « Le Tueur Intime », elle les confronte à leur propre noirceur, victime et bourreaux se confondent, et on arriverait (presque) à avoir de la compassion pour Will… et malgré quelques longueurs, elle réussit encore une fois à nous tenir en  haleine de la première à la dernière page. 

dimanche 3 août 2014

Les douze, Justin Cronin


Dans Le Passage, Justin Cronin avait imaginé un monde terrifiant, apparu à la suite d’une expérience gouvernementale ayant tourné à l’apocalypse. Aujourd’hui, l’aventure se poursuit à travers l’épopée des Douze, le deuxième volet de la trilogie monumentale de Justin Cronin.

De nos jours. Alors que le fléau déclenché par l’homme se déchaîne, trois étrangers naviguent au milieu du chaos. Lila, enceinte, est à ce point bouleversée par la propagation de la violence et de l’épidémie qu’elle continue de préparer l’arrivée de son enfant comme si de rien n’était, dans un monde dévasté. Kittridge, surnommé "Ultime combat à Denver" pour sa bravoure, est obligé de fuir pour échapper aux mutants viruls, armé mais seul et conscient qu’un plein d’essence ne le mènera pas bien loin. April, une adolescente à la volonté farouche, lutte, dans un paysage de ruines et de désolation, pour protéger son petit frère. Tous trois apprendront bientôt qu’ils n’ont pas été totalement abandonnés – et que l’espoir demeure, même au coeur de la plus sombre des nuits.
Cent ans plus tard. Amy et les siens – les héros du premier volet de la trilogie, qui se battaient dans Le Passage pour le salut de l’humanité – ignorent que les règles du jeu ont changé. L’ennemi a évolué. Les douze vampires modernes à l’origine de la prolifération des viruls ont donné naissance à un nouveau pouvoir occulte, incarné par le maléfique Horace Guilder, avec une vision de l’avenir infiniment plus effrayante encore.

Tout comme avec Le Passage, le premier opus de cette trilogie, il est difficile de parler de ce livre sans en dévoiler l’histoire.
Dans un premier temps, Les Douze nous entraîne 5 ans après l’invasion des viruls, ces humains devenus vampires à la suite d'expériences scientifiques. Cronin nous remet ainsi en mémoire les grandes lignes du Passage pour ensuite, nous faire faire un bon de 100 cents dans le temps. Dans cette seconde partie, le pouvoir est aux mains de Horace Guilder, un virul démoniaque qui règne sur une nouvelle société : "la nation". Il a tiré profit de cette apocalypse et a créé une société où règnent le chaos et la terreur, la majorité des humains sont réduits au rang d’esclave et chacun tente de survivre comme il peut. D’un autre côté, la résistance s’organise avec à sa tête Sergio, les attentats contre le pouvoir en place se multiplient et les représailles laissent toute la population exangue. Certaines descriptions nous replongent dans cette période sombre de la Seconde Guerre Mondiale et nous donnent cette même vision cauchemardesque de l’humanité. Et tout au long de cette histoire, on retrouve des personnages du précédent tome comme Peter, Alicia, Sarah ou Mickael tandis que de nouveaux apparaissent, mais le personnage principal, le fil rouge de l’histoire, c’est toujours Amy, "la fille de nulle part". Cronin nous livre des personnages très denses, on les aime, on les plaint, on s’y attache, on les déteste, et à travers eux, il a l’art et la manière d’entraîner le lecteur là où il le souhaite. Et même si je trouve ce deuxième volet plus noir que le précédent, avec ce face à face entre cette horde de viruls d’une brutalité terrifiante et les humains d’avant, il n’en reste pas moins que c’est un page-turner redoutablement efficace et gageons que le troisème volet à venir sera aussi intense.

lundi 14 juillet 2014

Challenge "Thrillers et Polars" : troisième année

Liliba lance pour la troisième année consécutive son challenge "Thrillers et Polars", et gageons que cette année encore, ce sera un succès ! Il faudra donc lire un maximum de thrillers et polars du 9 juillet 2014 au 9 juillet 2015. Trois catégories sont proposées :
• Touriste planqué : 8 thrillers ou polars au choix
• Téméraire du dimanche : 15 thrillers ou polars au choix
• Même pas peur : 25 thrillers ou polars au choix
Cette année je passe à la catégorie supérieure et je me lance pour "Téméraire du dimanche".
Bonnes lectures !

61 heures, Lee Child


Dakota du Sud, plein hiver, température polaire et blizzard infernal. Perdu dans ce désert d’un blanc aveuglant, un bus rempli de seniors tente de rallier la bourgade de Bolton. Mais après avoir évité une collision, le chauffeur, pourtant expérimenté, ne peut redresser son véhicule qui fi nit encastré dans une congère. L’ex-policier de la marine Jack Reacher, qui se trouvait lui aussi dans le bus, propose son aide aux autorités locales pour évacuer ses vieux copassagers dépassés par l’accident. Sauf que Bolton abrite l’une des plus grandes prisons des États-Unis et que la révolte y gronde. Et qu’un chef de gang de motards, arrêté pour trafi c de drogue, attend son procès avec ses bikers menaçant d’enlever le seul témoin du deal, la bibliothécaire Janet Salter.
Encore une fois, Jack Reacher propose son aide… et se retrouve embarqué dans une histoire où gangsters, policiers corrompus, trafi c de drogue international et tueur en liberté cachent une réalité d’une violence grandissante. Un problème pour Reacher ? Pas sûr...

Jack Reacher : le retour ! L’excellent héros récurrent de Lee Child nous entraîne une nouvelle fois dans ses aventures. Dans "61 heures", cet ancien flic de la police militaire qui voyage à travers les Etats-Unis avec en poche sa carte bancaire, son passeport et sa brosse à dents, se retrouve coincé à Bolton, petite ville du Dakota du Sud en pleine tempête de neige. Ce qui a priori devrait être une situation des plus banales, va être le début d’ennuis pour notre héros. En effet Bolton n’est pas la première ville touristique de la région, ses habitants et sa police sont confrontés à une situation explosive où se mêlent vieille dame charmante en sursis poursuivie par un tueur mystérieux, bande de bikers, chef de cartel mexicain… le tout avec en toile de fond le blizzard et ce compte à rebours qui égraine les heures et nous fait plonger dans l’intrigue à pieds joints. Si ces ingrédients peuvent apparaître comme du déjà-vu, Lee Child maîtrise l’art de nous entraîner dans un suspens maîtrisé et il n’oublie pas les personnages secondaires qui donnent toute son envergure à Jack Reacher. Et notre héros qui n’a rien d’un superman, est toujours égal à lui-même, et c’est ainsi qu’on l’aime !


dimanche 6 juillet 2014

La villa du lac, Sylvie Nordheim


Au décès de sa mère, Florence hérite d’une villa non loin de Hambourg au bord d’un lac, où la défunte a souhaité qu’on disperse ses cendres. Intriguée, elle revient sur le passé trouble de ses parents, notamment sur la mort brutale de son père qui a bouleversé sa jeunesse.
Helena et Simon s’aimaient-ils vraiment ? Pour quelle autre raison une pure Aryenne issue du gotha prussien aurait-elle fui son pays en 1933 avec un médecin juif que tous les dangers menaçaient ? Toutes ces questions maintenant resurgissent. Rencontres fortuites et confessions tardives permettront à Florence de reconstituer le puzzle, jusqu’à la dernière pièce qui résoudra l’énigme.
Ce roman plonge le lecteur dans des époques marquantes de l’Histoire aux côtés de personnages fascinants, dont les trajectoires, ciselées avec lucidité, s’inscrivent en contrepoint d’une genèse familiale pleine de mystères.

Au décès de sa mère, Florence, la cinquantaine, va s’interroger sur cette mère issue de la haute bourgeoisie allemande et avec qui elle a toujours entretenu des relations distantes. Et elle va essayer de comprendre qui était son père, ce médecin juif, dépressif, qu’elle adorait et qu’elle a perdu trop tôt. C’est un véritable voyage qu’elle entreprend sur sa vie, son passé et peu à peu elle découvre des êtres qu’elle ne connaissait pas. Elle oscille entre l’amour et la haine, ses souvenirs d’enfance font ressurgir des blessures qui ne sont toujours pas guéries. Mais si petit à petit les pièces du puzzle se mettent en place, elle se retrouve face à elle-même, à ses décisions, à sa façon d'être avec les autres. Sa quête l’oblige à une remise en question d’elle-même, ses souffrances ressurgissent et elle doit arriver au bout de son histoire passée pour enfin pouvoir se projeter dans son futur en toute quiétude. L’histoire de Florence nous interpelle, ses doutes ne nous laissent pas indifférents et le style de Sylvie Nordheim nous attache de page en page à ce personnage. Un très beau roman empreint de sensibilité et d’émotions et une auteure à découvrir.

Merci à Babelio et aux Editions Lucien Souny




dimanche 29 juin 2014

Blue Jay Way, Fabrice Colin


Julien, un jeune Franco-Américain, devient le précepteur de Ryan, fils de la romancière Carolyn Gerritsen 
et de son ex-mari, le producteur Larry Gordon. À Blue Jay Way, villa somptueuse qui domine Los Angeles, Julien est confronté aux frasques du maître des lieux et à une jeunesse dorée qui a fait de son désoeuvrement un art de vivre. Séduit par ce mode de vie délétère, il noue une relation amoureuse avec l’épouse de Larry, Ashley. Lorsque celle-ci disparaît mystérieusement, c’est le début d’un terrible cauchemar : morts violentes, mensonges, trahisons et manipulations se succèdent. Fabrice Colin nous offre un roman profondément contemporain, qui dresse le portrait d’une époque où réalité et fiction ont irrémédiablement partie liée. Los Angeles est le cadre idéal de cette palpitante descente aux enfers.

Blue Jay Way, le titre d’une chanson des Beatles, a été écrite par George Harrison subjugué par le panorama irréel de Los Angeles et c’est aussi le nom de la villa démesurée du nouvel employeur de Julien, jeune Français vivant aux Etats-Unis. Envoyé à Los Angeles par Carolyn Gerritsen, une écrivain dont il est totalement fan, il doit assurer le poste de précepteur auprès de son fils, Ryan, jeune junkie représentatif de cette jeunesse dorée, qui n’a aucun repère, et pour qui "sexe, drogue and rock’n roll" est la seule façon de vivre. Et Julien va se laisser happer par la ville des mirages et les habitants de cette maison, succombant à la débauche de luxe et des rencontres faciles. Mais quand une starlette dont il est l’amant est retrouvée assassinée, il sait qu’il est le suspect idéal, surtout que les morts violentes et les disparitions se succèdent à un rythme effrené. Cette Cité des Anges va devenir démoniaque et la descente aux enfers va commencer inexorablement pour lui… et pour le lecteur.
Seul petit bémol, la mise en place de l’intrigue et des personnages est un peu longue, et on s’y perd parfois, mais le style de Colin nous raccroche et Blue Jay Way devient un page-turner d’une efficacité redoutable.


lundi 9 juin 2014

La nuit des corbeaux, John Connolly


Dans les profondes forêts du Maine, les corbeaux attendent, comme toujours, dans le sillage des prédateurs...
À Pastor’s Bay, Randall Haight tente de refaire sa vie. Enfant, il a assassiné une fillette, mais dix-huit ans de prison n’ont pas effacé sa faute. Les lettres anonymes s’amoncellent depuis son retour. Engagé pour en trouver l’auteur, le privé Charlie Parker découvre un client trouble et une ville livrée à ses démons. Une jeune fille vient en effet de disparaître. Et le coupable semble tout trouvé...

On retrouve de nouvelles aventures de Charlie Parker, personnage récurrent de Connolly. Policier de son état, il a démissionné lorsque sa femme et sa fille ont été sauvagement assassinées et s’est reconverti en détective privé. Ces assassinats le hantent et il vit désormais séparé de sa nouvelle compagne et de leur petite fille, de peur d’attirer sur elles "le mauvais œil" et de les mettre en danger. C’est le loup solitaire par excellence, aux méthodes parfois peu orthodoxes et qui a le chic de s’attirer régulièrement des ennuis avec la police locale et accessoirement, le FBI. 
L’histoire se déroule dans le Maine, à Pastor’s Bay petite ville bien tranquille, jusqu’au jour où une jeune fille de 16 ans, Anna Kore, disparaît sans laisser de trace. Avec cette disparition, Randall Haight, un habitant apparemment sans histoire, risque de voir sa vie totalement chamboulée si l’on découvre que lorsqu’il avait 14 ans, aidé d’un complice, il a assassiné une jeune adolescente noire. Lui et son complice ont purgé leur peine et sont ressortis libres, avec une nouvelle identité et pris un nouveau départ. Même s’il a payé sa dette, il sait que les soupçons vont peser sur lui et que d’anonyme, il va devenir le principal suspect et une proie pour les médias… Surtout que son passé le rattrappe car un corbeau lui envoie des photos de son crime passé et préférant ne pas contacter la police, il fait appel à une avocate, Aimee Price. Cette dernière engage Charlie Parker pour qu’il fasse la lumière sur le maître-chanteur, peut-être lié à la disparition d’Anna. Mais pour Charlie, c’est une enquête délicate, qui le renvoie à son propre drame et qui le plonge dans le doute quant à l’innocence de son client. Et lorsqu’il débarque dans la petite ville, il est accueilli fraîchement, non seulement par la police locale, mais également par le FBI qui surveille l’oncle d’Anna Kore, figure de la mafia irlandaise locale. Charlie Parker fera appel une nouvelle fois à ses deux accolytes pour l’aider à résoudre cette enquête qui l’emmènera au bout de lui-même, à la limite du bien et du mal.
L’intrigue est prenante de bout en bout, Connolly sait semer des indices tout en nous attirant sur de fausses pistes. Il nous plonge dans une atmosphère oppressante qui frôle le fantastique et le dénouement est des plus surprenants. Avec cette "Nuit des corbeaux" John Connolly nous offre une fois encore un polar diablement efficace à ne pas manquer.



Mon blog reprend du service après des vacances irlandaises et qui mieux que John Connolly, le Dubliner par excellence, pour m'accompagner dans ce périple, surtout que je n'avais plus rien lu de lui depuis la création de ce blog… Let's go !

dimanche 1 juin 2014

Jumelles, Saskia Sarginson


Isolte et Viola sont jumelles. Inséparables dans leur enfance, elles sont aujourd’hui des adultes très différentes : Isolte est rédactrice dans un magazine de mode et partage la vie d’un photographe en vue ; Viola, détruite par l’anorexie, se consume peu à peu sur un lit d’hôpital. Les deux sœurs se parlent à peine. Pourquoi leurs chemins ont-ils pris des directions si différentes ? Quelle tragédie les a séparées ? Alors qu’elles tentent de démêler les fils du souvenir d’un été enfoui dans leur mémoire, les terribles secrets de leur passé remontent à la surface, menaçant de bouleverser leurs vies à jamais.

Isolte et Viola sont jumelles, elles ont passé leur enfance dans le Suffolk avec leur mère, ancienne hippie, toutes trois sont liées de façon fusionnelle, les jumelles vivent en totale liberté. Un jour elles rencontrent John et Mickael, des jumeaux livrés à eux-mêmes, entre une mère soumise à un mari violent et une sœur qui passe sa vie devant la télé. Tous les quatre vont devenir inséparables et profiter de cette liberté pour faire les quatre cents coups. Cette enfance nous est racontée par les retours en arrière que font tour à tour Isolte et Viola, peu à peu on découvre ces enfants et cette vie où elles sont libres et heureuses. Au décès de leur mère, elles sont recueillies par leur tante, et leur vie va changer. Si Isolte essaie de rentrer dans le moule et faire ce que l’on attend d’elle, Viola ne se sent pas apte à cette vie-là, elle la rejette et devient anorexique. Et aujourd’hui, on découvre deux jeunes femmes que tout oppose : Isolte partage sa vie entre travail et petit-ami alors que Viola est totalement associale et passe son temps à entrer et sortir de l’hôpital. Quand Isolte perd son travail, elle décide de retourner sur les traces de leur passé commun et là on découvre, peu à peu, que l’impensable s’est produit et la tragédie va ressurgir dans les mémoires. Il faudra attendre les toutes dernières pages pour savoir ce qui s’est passé. Ces retours en arrière nous permettent de comprendre les réactions du présent et de cerner les personnalités de Viola, rebelle et écorchée vive et d'Isolte, si sûre d'elle en apparence. L’auteur nous fait entrer dans la vie de ces deux sœurs, elle nous fait découvrir peu à peu leur histoire et son style très fluide, nous fait ressentir leurs émotions et partager leurs sentiments. Un très joli premier roman qui se lit sans aucune lassitude du début à la fin.

Merci à http://lespipelettesenparlent.blogspot.fr/ grâce à qui j'ai découvert ce livre gagné sur leur blog lors de leur "concours anniversaire", merci ! 

lundi 5 mai 2014

Le chuchoteur, Donato Carrisi

Cinq petites filles ont disparu.
Cinq petites fosses ont été creusées dans la clairière.
Au fond de chacune, un petit bras, le gauche.
Depuis qu’ils enquêtent sur les rapts des fillettes, le criminologue Goran Gavila et son équipe d’agents spéciaux ont l’impression d’être manipulés. Chaque découverte macabre, chaque indice les mènent à des assassins différents. La découverte d’un sixième bras, dans la clairière, appartenant à une victime inconnue, les convainc d’appeler en renfort Mila Vasquez, experte dans les affaires d’enlèvement. Dans le huis clos d’un appartement spartiate converti en QG, Gavila et ses agents vont échafauder une théorie à laquelle nul ne veut croire : tous les meurtres sont liés, le vrai coupable est ailleurs.
Quand on tue des enfants, Dieu se tait, et le diable murmure…

J'avais lu beaucoup de chroniques enthousiastes sur ce livre et je m'attendais à un bon moment de lecture… Et bien non, la magie n'a pas opéré. Pourtant les premières pages laissaient entrevoir les bons ingrédients d'un bon polar. En fait, je n'ai pas accroché, j'ai trouvé qu'il y avait beaucoup d'invraisemblances, que ce soit sur le déroulement des faits ou sur la psychologie et le comportement des personnages. J'ai tenu bon, je suis allée jusqu'au bout mais plus par curiosité de voir comment l'auteur allait arriver à boucler cette histoire. Je me suis ennuyée, noyée dans des situations tirées par les cheveux,  peu crédibles. Il se lit pourtant aisément mais… mais, là pour moi, ça ne suffit pas. Peut-être essaierai-je un autre de ses romans pour voir… ou pas.

jeudi 1 mai 2014

Tueur intime, Claire Favan


Will Edwards, quinze ans, est quotidiennement battu, violé, humilié. Quand Samantha arrive dans sa classe, belle et protectrice, il renaît. Mais l’amourette se mue en déception. Décidé à se venger, Will apprend minutieusement les règles de la perversité et de la cruauté. Un véritable enragé ! Devenu un prédateur redoutable, il s’engage sur les routes des États-Unis à la rencontre de ses futures victimes.

Ames sensibles s’abstenir ! Avec ce "Tueur intime" Claire Favan nous fait assister à la naissance d’un tueur en série, on suit son évolution de page en page, et certaines scènes sont difficilement supportables…
Will est un enfant maltraité dont le quotidien n’est fait que de violences : violence de la part de son père, des autres enfants à l’école. Et puis apparaît Samantha dans sa vie de petit garçon malheureux, il voit en elle le remède à toutes ses souffrances, il n’aura d'autre but que de la conquérir, de la faire devenir sienne, peu importe les moyens à employer… et c’est là où le bât blesse. Il va la rendre peu à peu totalement dépendante de lui et pour ça il va faire le vide autour d’elle, supprimant les gens qu’elle aime, il veut devenir son dernier recours, celui qui lui est indispensable. Et quand il va arriver à ses fins, il n’aura de cesse de l’humilier, de l’avilir, de lui enlever toute personnalité pour qu’elle devienne sa chose. Et pour arriver à son but, il va "s’entraîner" avec d’autres femmes qui ressemblent en tout point à Sam, il les séduira pour mieux les détruire en leur faisant endurer les pires souffrances. Sam qui est une femme belle, brillante, avec une vie sociale, va devenir l’ombre d’elle-même, vivant dans une peur de chaque instant. Et puis quand Will disparaît elle va reprendre goût à la vie, penser qu’elle peut passer à autre chose, c’est sans compter que Will n’est jamais bien loin. L’histoire se déroule sur plusieurs années, après une première partie où l’on suit le cheminement de la folie de Will, on va dans un deuxième temps assister à l’enquête menée par le FBI sur la recherche de ce tueur en série qui ne laisse jamais ni la moindre trace ni le moindre indice. Claire Favan va nous faire vivre 24 heures sur 24 avec cette équipe, nous plongeant en détail au cœur même de l’enquête et quand arrive R.J. Scanlon, un nouveau profiler, l’intrigue va prendre un autre tournant… Le style de Claire Favan est redoutablement efficace : elle nous entraîne loin, très loin dans la psychologie du tueur et dans celle de sa victime, elle ne nous épargne rien et c’est ce qui fait de "Tueur intime" (son premier roman !) un thriller captivant de la première à la dernière page et je mets ses deux ouvrages suivants "Le tueur de l’ombre" et "Apnée noire" très haut sur ma liste.



dimanche 27 avril 2014

Ecoute-nous, Liz Coley


Angela a 13 ans quand elle disparaît d’un camp de vacances. Lorsqu’elle rentre chez ses parents, trois ans ont passé. Trois années dont elle n’a aucun souvenir. Que s’est-il passé ? Où était-elle tout ce temps ? Que lui est-il arrivé ? Sans la moindre réponse à ces questions, Angela tente de reprendre une vie plus ou moins normale avec l’aide de la psychologue qu’elle consulte désormais régulièrement. Alors qu’elle cherche à retrouver la mémoire, son comportement devient de plus en plus étrange et incontrôlable. La jeune fille l’ignore, mais ce qu’elle a vécu est encore plus terrifiant que tout ce qu’elle peut imaginer…

Lorsqu’Angela rentre chez elle après son camp de scout, elle ne sait pas qu’elle a été enlevée et séquestrée pendant trois ans, elle a effacé ces trois années de sa mémoire et elle ne reconnaît pas la jeune fille de 16 ans qu’elle est devenue, l’image que lui renvoie son miroir lui raconte une histoire qu’elle ignore. Encore une histoire d’amnésie ? Oui et non. Oui, Angela n’a aucun souvenir de ces trois dernières années mais ce n’est pas aussi simple, elle souffre de troubles dissociatifs de l’identité, elle s’est créé des personnalités pour se préserver de tout ce qu’elle a subi au quotidien pendant ces trois années et chaque personnalité est une partie d’elle-même. Et rien n’est plus évident pour elle : la vie a continué sans elle, ses parents ont fait leur deuil de leur enfant disparue, et même si elle retrouve sa chambre telle qu’elle était à son départ, plus rien n’est plus comme avant. Avec l’aide d’une psychologue, elle va essayer de remonter le temps, de comprendre ce qui s’est réellement passé, et de page en page, elle devient la spectatrice de ces trois années d’horreur. Les personnages des parents font prendre conscience au lecteur tout le désarroi et l’impuissance que l’on peut ressentir face à une telle situation : la mère essaie de faire comme si rien ne s’était passé, le père quant à lui ne peut plus regarder sa fille ni la prendre dans ses bras, il ne peut faire abstraction de tout ce qu’elle a subi, elle n’est plus sa petite fille. Et Angela doit composer avec tout ça : essayer de vaincre ses "mauvaises personnalités", vivre le quotidien d’une ado ordinaire et faire comme si tout n’était qu’un cauchemar dont tout le monde allait se réveiller. L’écriture de Liz Coley est très fluide et efficace, le seul bémol, c’est que parfois, je trouve qu’elle a choisi la facilité face à certaines situations, mais ça n’enlève rien à l’efficacité de l’intrigue, c’est un bon thriller psychologique qui se lit sans temps mort jusqu’à la dernière page.

Merci à Babelio et aux Presses de la Cité.

mardi 22 avril 2014

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Jonas Jonasson

Alors que tous dans la maison de retraite s'apprêtent à célébrer dignement son centième anniversaire, Allan Karlsson, qui déteste ce genre de pince-fesses, décide de fuguer. Chaussé de ses plus belles charentaises, il saute par la fenêtre de sa chambre et prend ses jambes à son cou. Débutent alors une improbable cavale à travers la Suède et un voyage décoiffant au cœur de l'histoire du XXe siècle. Car méfiez-vous des apparences ! Derrière ce frêle vieillard en pantoufles se cache un artificier de génie qui a eu la bonne idée de naître au début d'un siècle sanguinaire. Grâce à son talent pour les explosifs, Allan Karlsson, individu lambda, apolitique et inculte, s'est ainsi retrouvé mêlé à presque cent ans d'événements majeurs aux côtés des grands de ce monde, de Franco à Staline en passant par Truman et Mao...

Voici un roman qui vaut le détour : il est loufoque à souhait !
Allan Karlson, "charmant" petit vieux, s'enfuit de sa maison de retraite le jour de ses 100 ans, il s'ennuie dans cette vie de pensionnaire si triste et sans aucune fantaisie. Et nous allons le suivre dans ses pérégrinations, il va croiser des personnages plus improbables les uns que les autres qui vont l'entraîner dans des situations inimaginables et totalement loufoques. Et en parallèle, se tisse sa vie, de sa jeunesse à son arrivée dans cette maison de retraite. Et là, on se dit que l'auteur, Jonas Jonasson, a une imagination débordante : il lui fait rencontrer Mao, Churchill, Staline et le frère d'Albert Einstein ! On ne s'ennuie pas, on passe du présent au passé avec plaisir et on regarde Allan Karlson faire son chemin dans cette histoire drôle et pleine de tendresse. Un roman qui nous fait passer un vrai bon moment.

dimanche 23 mars 2014

Dawa, Julien Suaudeau


« Ou avez-vous l’intention de faire sauter vos bombes ?
- Je vous demande pardon ?
- Les cinq bombes. Paris piégé. Dawa al-Islamiya, ajoute l’homme en arabe, avec un parfait accent constantinois qui lui glace le sang.
- Qui êtes-vous ?
- Quelqu’un qui a vécu en Algérie, il y a très longtemps, à l’époque ou ton père sévissait dans les Aurès. Quelqu’un qui te protège depuis une semaine, et qui va vous tuer, toi et lui, comme j’ai tué ton chien de frère il y a dix-sept ans. »
Dans une France en guerre contre elle-même, deux hommes sombres poursuivent une vengeance au long cours. La violence de leur idée fixe va renverser d’autres destins, puissants, infortunés, des dalles de la banlieue parisienne jusqu’au coeur de l’État.

Je dois dire que je suis plutôt partagée sur ce premier roman de Julien Suaudeau. L’histoire tout d’abord. Si elle débute dans les Aurès à la fin de la guerre d’Algérie, elle va se dérouler de nos jours. Un groupuscule terroriste menace de faire exploser 5 bombes dans Paris le 13 mars 2014,  et à partir de là, nous allons suivre l’intrigue selon les différents protagonistes. On passe de la cité des 3000 aux ors de la République, des jeunes de banlieue sans espoir d’avenir aux hauts dignitaires avides de pouvoir. Julien Suaudeau dresse le portrait de ce qu’est sans doute notre société d’aujourd’hui : les dealers de banlieue, le jeune qui veut sortir de sa cité par la boxe, la jeune bourgeoise amoureuse du mauvais garçon, le flic désabusé qui veut se venger, les politiques en place qui ne pensent qu’au pouvoir… Peut-être ces personnages représentent-ils la réalité, mais je trouve qu’ils sont trop stéréotypés, et à trop mélanger les genres, l’intrigue s’étiole et passe au second plan. Moi qui aime les polars au style rapide et incisif, j’ai eu du mal à entrer dans le style très hermétique de Julien Suaudeau, il se perd en conjoncture et nous, nous perdons le fil. Et à travers toute cette histoire, il fait de la France un portrait très sombre, très pessimiste et j’espère qu’il a tort… Mais Julien Suaudeau a atteint son but : faire un livre qui interpelle, qui dérange aussi et qui ne laisse surtout pas indifférent.

Merci à Babelio et aux éditions Robert Laffont.

dimanche 16 février 2014

Le passage, Justin Cronin


Il y a un siècle, le monde a sombré dans le chaos. Une épidémie, dont l’origine ne fut jamais identifiée, a transformé l’homme en mutant et réduit la civilisation à néant. Les derniers représentants de l’humanité vivent en colonie, luttant jour après jour pour survivre. 
Surgie de nulle part, une jeune fille vient à leur rencontre. Elle semble avoir 14 ans. Elle en a cent de plus. Elle est venue sauver le monde.

Ma fille m'a mis ce roman dans les mains et m'a dit "lis-le, tu ne seras pas déçue, c'est génial"… Et elle a eu tout à fait raison. Moi qui ne suis pas coutumière de ce style de littérature, je me suis régalée. Pas facile de parler de ce roman sans dévoiler l'histoire. 
Dans une première partie qui se passe de nos jours, on fait connaissance avec Amy, une enfant de 6 ans, abandonnée par sa mère dans un couvent. En parallèle, des militaires US entreprennent des recherches pour retrouver une expédition américaine disparue dans la jungle bolivienne. Pendant ce temps au Texas, deux agents du FBI "recrutent" des condamnés à mort. Ils proposent à ces hommes qui n'ont plus rien à perdre, de servir de cobayes à des expériences scientifiques. Sous l'effet d'un virus, ces hommes mutent et développent une force physique et psychologique hors du commun. Mais il faut aller plus loin dans l'expérience : injecter le virus à un être jeune pour voir comment il va évoluer, c'est Amy qui est "choisie", elle est enlevée par les deux agents, on lui inocule le virus. Et tout dérape, le monde bascule dans le chaos. C'est une partie captivante qui tient à la fois de la science fiction et du thriller. Et puis il y a la relation qui s'est développée entre Amy et Wolgast, un des deux agents du FBI… La seconde partie arrive, on fait un bond de 100 ans dans le futur. Une communauté a survécu à l'apocalypse, elle vit en vase clos. Les technologies n'ont plus cours, on découvre une civilisation qui vit dans la hantise d'une attaque de ces mutants mais aussi dans l'espoir d'être sauvée. On fait connaissance avec une pléiade de personnages tous aussi attachants les uns que les autres, ils ont un côté naïf, n'ayant jamais connu autre chose que cette vie en autarcie, régie par des lois très strictes dans un seul but de sécurité. Pendant toute la troisième partie, on suit une équipe de survivants dans un road-movie à travers une Amérique dévastée. L'écriture de Cronin nous permet de visualiser cet univers cauchemardesque fait de ruines, et il y mêle habilement tous les ingrédients qui nous tiennent en haleine : violence, peur, amour, espoir… Et quand arrive la fin, on se prend une claque (encore une…) et on en redemande. 1265 pages d'une lecture haletante et captivante. Et la suite "Les douze" m'attend déjà. 

Henri Cartier-Bresson, le photographe du siècle

En hommage à Cartier-Bresson disparu il y a maintenant 10 ans, Beaux Arts Magazine et le Nouvel Observateur sortent un hors-série consacré au "photographe du siècle" connu pour sa captation de "l'instant décisif". Outre les témoignages de Depardon, Salgado et bien d'autres, on découvre des aspects plus méconnus de son œuvre comme ses photos en couleurs ou ses croquis. Les clichés de ses rencontres avec Alberto Giacometti, William Faulkner ou les Joliot-Curie sont un pur chef-d'œuvre. On suit son parcours, son engagement politique, son attirance pour le surréalisme et le cinéma. Et surtout, on suit le Cartier-Bresson voyageur avec ses grands photo-reportages retraçant ses voyages en Chine et l'arrivée du communisme ou ses séjours en URSS.  Passionnant. Toutes ces photos ont marqué l'histoire du photo-journalisme et restent des références en la matière.
Un hors-série très bien conçu pour les afficionados et les autres.
Une vaste rétrospective de son œuvre se tient également du 12 février au 9 juin 2014 au Centre Pompidou.

vendredi 31 janvier 2014

L'enfant allemand, Camilla Läckberg

La jeune Erica Falck a déjà une longue expérience du crime. Quant à Patrik Hedström, l'inspecteur qu'elle vient d'épouser, il a échappé de peu à la mort, et tous deux savent que le mal peut surgir n'importe où, qu'il se tapit peut-être en chacun de nous, et que la duplicité humaine, loin de représenter l'exception, constitue sans doute la règle. Tandis qu'elle entreprend des recherches sur cette mère qu'elle regrette de ne pas avoir mieux connue et dont elle n'a jamais vraiment compris la froideur, Erica découvre, en fouillant son grenier, les carnets d'un journal intime et, enveloppée dans une petite brassière maculée de sang, une ancienne médaille ornée d'une croix gammée. Pourquoi sa mère, qui avait laissé si peu de choses, avait-elle conservé un tel objet ? Voulant en savoir plus, elle entre en contact avec un vieux professeur d'histoire à la retraite. L'homme a un comportement bizarre et se montre élusif. Deux jours plus tard, il est sauvagement assassiné... Dans ce cinquième volet des aventures d'Erica Falck, Camilla Läckberg mêle avec une virtuosité plus grande que jamais l'histoire de son héroïne et celle d'une jeune Suédoise prise dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. Tandis qu'Erica fouille le passé de sa famille, le lecteur plonge avec délice dans un nouveau bain de noirceur nordique.

Le résumé et le visuel de la couverture me laissaient entrevoir une histoire prenante, à la hauteur des meilleurs romans de Camilla Läckberg. Mais déception, c'est plus le roman d'une saga familiale sur fond de meurtres et de Seconde Guerre Mondiale, qu'un roman policier. Il est vrai que mélanger histoires de famille et meurtres c'est aussi la marque de fabrique de Camilla Läckberg, mais là où je l'ai apprécié dans ses précédents romans, dans celui-ci, je trouve que cette fois-ci, ça casse le rythme de l'intrigue. Et c'est dommage, car cette intrigue est passionnante avec ses retours en arrière pendant la guerre qui nous permet aussi de voir l'implication de la Suède dans le conflit et ses répercussions de nos jours. Mais on devine très vite qui est qui et qui a fait quoi, et on s'essouffle rapidement. Même le commissaire Melberck qui apportait une note d'humour décalé, devient ennuyeux ! Je reste sur ma faim avec cet opus et je vais laisser "La sirène" et le "Gardien de phare" de côté pour l'instant.