dimanche 14 octobre 2012

Le Montespan, Jean Teulé


Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan…
Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d'assassinat, il poursuivit de sa haine l'homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme…

Le style de Jean Teulé est une nouvelle fois réjouissant et son personnage du Montespan est un vrai régal : le plus célèbre cocu de France va affronter le plus puissant du royaume : Louis XIV lui-même ! Louis-Henri de Pardaillan, ne sera connu et reconnu que parce qu'il est le mari de La Montespan, mais ce mariage ne lui apporte pas le bonheur escompté, bien au contraire ! Sa ravissante épouse ne pense que paillettes et vie facile, le plus simple pour y arriver : s'attirer les bonnes grâces du roi, ce qu'elle réussit sans trop de mal ! Et si les maris cocufiés par le Roi en sont honorés et savent en tirer partie financièrement, Le Montespan, lui, est amoureux de sa femme et se refuse à la laisser au Roi. Son comportement est tragi-comique : on se délecte de le voir mettre des cornes sur son carrosse mais on s'attriste de le voir si malheureux, de voir qu'il ne peut rien faire contre le désespoir de sa fille qui se languit de sa mère. Il est seul contre tous mais jusqu'au bout, il ne renoncera jamais à récupérer sa femme, le seul amour de sa vie. Et comme toujours, le style de Jean Teulé permet à cette histoire de ne jamais être ennuyeuse ou déprimante, à lire donc !

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