dimanche 30 décembre 2012

La maison d'à côté, Lisa Gardner




Un fait divers dans une banlieue résidentielle de Boston passionne les médias. Sandra Jones, jeune maîtresse d'école et mère modèle, a disparu. Seul témoin : sa petite fille de quatre ans. Suspect nº 1 : son mari Jason. Dès que l'inspectrice D.D. Warren pénètre chez les Jones, elle sent que quelque chose cloche : les réticences de Jason à répondre à ses questions, son peu d'empressement à savoir ce qui a bien pu arriver à son épouse « chérie ». Tente-t-il de brouiller les pistes ou cherche-t-il à protéger sa fille ? Mais de qui ? Après Sauver sa peau, une nouvelle enquête particulièrement surprenante de la non moins surprenante D.D. Warren. Vous ne regarderez jamais plus une porte déverrouillée, une fenêtre entrouverte ou une page Web de la même façon...

Un  livre qui démarre sur les chapeaux de roue avec tous les ingrédients d’un bon thriller : bonne intrigue, personnages attachants, révélations distillées au compte goutte. On découvre au fil des pages que, comme le dit si bien l’adage « il ne faut pas se fier aux apparences ». Car sous les apparences d’une famille unie, se cachent des zones d’ombre et des blessures. Que ce soit le bon père de famille ou la maman modèle, tous deux ont des choses à cacher et lorsque l’on gratte le vernis, on s’aperçoit que tout n’est pas rose dans le meilleur des mondes, au contraire… Le tout est distillé par l’auteure de façon à nous faire perdre pied, on pense avoir compris qui est qui, qui a fait quoi, mais on est rapidement emporté sur d’autres pistes qui nous laissent dans la plus totale interrogation ! L’aspect psychologique des personnages prime sur l’intrigue et nous emporte dans un monde de suspicion, de cruauté, le tout avec beaucoup de tact et sans tomber dans le voyeurisme. Un petit regret : le dénouement qui est à mon goût un peu trop tiré par les cheveux et manque de crédibilité, et c’est dommage car le suspense a été habilement mené jusqu’à la fin. A lire malgré tout sans modération.


dimanche 16 décembre 2012

La Princesse des glaces, Camilla Läckberg




Erica Falck, trente-cinq ans, auteur de biographies installée dans une petite ville paisible de la côte ouest suédoise, découvre le cadavre aux poignets tailladés d’une amie d’enfance, Alexandra Wijkner, nue dans une baignoire d’eau gelée. Impliquée malgré elle dans l’enquête (à moins qu’une certaine tendance naturelle à fouiller la vie des autres ne soit ici à l’oeuvre), Erica se convainc très vite qu’il ne s’agit pas d’un suicide. Sur ce point – et sur beaucoup d’autres –, l’inspecteur Patrik Hedström, amoureux transi, la rejoint.
A la conquête de la vérité, stimulée par un amour naissant, Erica, enquêtrice au foyer façon Desperate Housewives, plonge dans les strates d’une petite société provinciale qu’elle croyait bien connaître et découvre ses secrets, d’autant plus sombres que sera bientôt trouvé le corps d’un peintre clochard – autre mise en scène de suicide.
Au-delà d’une maîtrise évidente des règles de l’enquête et de ses rebondissements, Camilla Läckberg sait à merveille croquer des personnages complexes et – tout à fait dans la ligne de créateurs comme Simenon ou Chabrol – disséquer une petite communauté dont la surface tranquille cache des eaux bien plus troubles qu’on ne le pense.


C’est le premier roman de Camilla Läckberg que je lis, et je ne suis pas déçue, loin s’en faut ! Il recèle tous les ingrédients d’un bon polar : intrigue bien ficelée, rebondissements, personnages bien dessinés… J’ai donc été happée dès les premières pages et je le suis restée jusqu’à la fin ! Seul petit bémol : quelques tournures de style pas très académiques, peut-être dues à la traduction…
L’héroïne, Erica, écrivain, est de retour dans son village après le décès accidentel de ses parents. Elle se trouve confrontée au suicide (meurtre ?) de son amie d’enfance et se retrouve mêlée à l’enquête. Elle a une personnalité attachante : tout en pudeur, mais aussi acharnée à découvrir la vérité, elle est tout à fait dans l’air du temps avec ses rondeurs qu’elle essaie d’effacer avec les culottes gainantes et autres collants « ventre plat », tout ça pour plaire à son ami d’enfance, qui n’est autre que le policier en charge de l’enquête. Outre que c’est un flic des plus banal, pas le super-héros, il est intuitif et il est de la même veine qu’Erica avec ses doutes et sa naïveté quant à la nature humaine. Leur romance débutante peut apparaître un tantinet classique mais il n’en est rien, elle est ancrée dans un quotidien qui fait naître des doutes sur soi et sur l’autre. Les autres personnages qui gravitent autour de ce couple sont complexes. Camilla Läckberg nous offre une palettes de personnages fort bien décrits, on les soupçonne, on les déteste, on compatit à leur souffrance… Le tout dans une atmosphère de petite ville de province où les apparences et les non-dits sont plus importants que la vie elle-même. Si petit à petit on aperçoit un soupçon de solution, Camilla Läckberg nous tient en haleine jusqu’à la dernière page en nous distillant peu à peu les éléments qui nous font arriver au dénouement de l’histoire.
Camilla Läckberg est une auteure à mettre bien en évidence dans sa bibliothèque !

dimanche 2 décembre 2012

Un danger dans la nuit, Lisa Jackson





Je sais ce que tu as fait, confesse tes péchés…
En écoutant ce message sur son répondeur, la psychologue Samantha Leeds plonge en plein cauchemar. Car l’appel lui rappelle le drame qui a marqué sa vie : le suicide d’Annie, une jeune auditrice perturbée qu’elle n’a pas pu sauver. Terrifiée, Samantha l’est d’autant plus que le harceleur est devenu un tueur qui viole et étrangle ses victimes en écoutant son émission. Tandis que les inspecteurs Bentz et Montoya pistent le meurtrier, Samantha se réfugie auprès de Ty Wheeler, son nouveau voisin, le seul homme auquel, croit-elle, elle peut encore faire confiance…

Si l’intrigue de départ permet d’espérer un roman haletant, j’ai été vite déçue… Bien sûr il y a tous les ingrédients : meurtres, policiers, la ville de La Nouvelle Orléans omni-présente, mais il manque la petite touche qui permet de plonger dans l’histoire avec avidité. Ici, les scènes s’enchaînent, la mécanique est bien huilée, cela va sans dire. Les personnages n’ont pas assez d’envergure, surtout les deux policiers Bentz et Montoya, leur personnalité est juste ébauchée, et c’est bien dommage, car c’est un duo qui fonctionne bien. Quant aux deux héros Samantha et Ty, ils ne me paraissent pas assez crédibles. Samantha est trop lisse, elle ne donne pas l’impression d’être réellement concernée par ce qui lui arrive. Ty, lui, c’est LE héros par excellence : beau, fort, au charisme indéniable, ancien flic de surcroît… tout pour plaire !! Leur rencontre est bien évidemment inévitable, tout comme leur romance. Seul le personnage du tueur tire son épingle du jeu, il interpelle, on essaie de comprendre le pourquoi de sa fixation sur Samantha. Seul petit bémol, on découvre un peu trop rapidement qui il est…
En résumé, un livre qui ne restera pas dans les annales…



samedi 17 novembre 2012

Les enfants de cendre, Kristina Ohlsson


Au milieu d'un train bondé, une petite fille disparaît. En dépit d'une centaine de témoins potentiels, personne n'a remarqué quoi que ce soit. Sa mère était descendue sur le quai pour passer un coup de fil, et n'a pu regagner le train à temps. Affolée, elle a alerté les contrôleurs qui ont gardé un oeil protecteur sur l'enfant endormie. Pourtant, à l'arrivée en gare de Stockholm, la fillette s'est volatilisée. On ne retrouve que ses chaussures sous la banquette... Une équipe de police, assistée par l'enquêtrice Fredrika Bergman, est chargée de l'affaire. Mais quand l'enfant est découverte dans le nord de la Suède, morte, les mots « non désirée » inscrits sur le front, le dossier se transforme en cauchemar : un tueur impitoyable est dans la nature, et la petite Liliane n'est que la première d'une longue liste...

Dès les premières pages de ce livre on sait que l’on va se retrouver face à l’horreur… Le point de départ peut paraître banal pour un thriller : la disparition d’une enfant. Mais il n’en ait rien, bien au contraire, cette disparition va nous entraîner dans une spirale infernale. L’enquête nous mène de fausses pistes en rebondissements, et ce, jusqu’à la fin. Les personnages qui constituent l’équipe chargée de l’enquête ne sont pas de super héros, bien au contraire. Alex Recht, flic depuis plus de vingt-cinq ans est le chef de cette équipe, sa solide réputation le met au premier plan de toutes les enquêtes de disparition d’enfants, mais derrière cette façade se cache un homme qui a des moments de doute et qui s’interroge, aussi bien sur le plan professionnel que personnel, cette faiblesse le rend très attachant. Quant à Peder Rydh, il est en admiration devant Alex et cherche à lui plaire. Il n’est pas très ouvert, imbu de sa personne et se laisse envahir et dépasser par ses problèmes personnels. Fredrika Bergman, elle, est la nouvelle de l’équipe et elle n’est pas très bien acceptée de ses deux collègues masculins, car elle n’a pas commencé au bas de l’échelle, elle a fait l’université et est trop « cérébrale » pour eux. Pourtant, c’est grâce à son esprit d’analyse que l’enquête avance vers de nouvelles pistes. Un accident dans sa jeunesse a fait voler en éclats tous ses rêves et lui a forgé une personnalité que l’on juge froide au premier abord, mais au fil des pages, on s’aperçoit que ce n’est qu’une façade qui cache toutes ses souffrances et ses doutes.
Les chapitres, courts, donne un style dynamique à l’ouvrage et l’intrigue est menée de main de maître. On ne s’ennuie pas un seul instant, les fausses pistes succèdent aux rebondissements, et si le coupable n’a pas de « personnalité propre », il est présent à chaque détour de page et nous glace d’effroi.
En résumé, un livre à lire sans aucune modération et s’il est le premier de Kristina Ohlsson, j’ai hâte de me plonger dans « La fille au tatouage », le second opus mettant en scène Fredrika Bergman.

Un mot sur l'auteur
Kristina Ohlsson, jeune auteure surdouée, est analyste pour la Police nationale suédoise. Elle a aussi travaillé au ministère des Affaires étrangères en tant qu'experte du Moyen-Orient. Elle partage son temps entre ses missions dans la police et l'écriture des enquêtes de Fredrika Bergman.





vendredi 9 novembre 2012

Une place à prendre, J.K Rowling


Bienvenue à Pagford, petite bourgade en apparence idyllique. Un notable meurt. Sa place est à prendre… Comédie de mœurs, tragédie teintée d'humour noir, satire féroce de nos hypocrisies sociales et intimes, ce premier roman pour adultes révèle sous un jour inattendu un écrivain prodige.


N'ayant jamais lu d'Harry Potter, je pense avoir eu lecture objective : je n'avais pas d'éléments de référence et je n'attendais rien de particulier du nouveau roman de J.K. Rowling. Mais que dire de ce livre ? Le début est long, très long et il faut bien avouer que j'ai été tentée d'arrêter ma lecture mais j'ai persévéré pour voir où tout ça pouvait me mener. Tout d'abord les personnages : ils sont nombreux, trop peut-être… Pas évident de s'y retrouver dans cette galerie de portraits. Que ce soit les adultes ou les adolescents, on se retrouve confrontés aux côtés les plus antipathiques de l'être humain, leurs bassesses et leurs faiblesses sont mises en exergue sans aucune concession. Même si tous les personnages sont liés les uns aux autres d'une façon ou d'une autre et si leur description sonne plutôt juste, je me demandais où voulait en venir l'auteure avec toute cette noirceur. De page en  page, on les découvre un peu plus égoïstes, un peu plus pervers, un peu plus lâches… J'attendais l'élément qui allait déclencher quelque chose, j'imaginais un scandale du style "la fille cachée de", ou "le fils caché de"… mais rien, je suis restée sur ma faim.  Le dénouement est étonnant, mais pas dans le bon sens du terme : pourquoi une telle fin ? Pour moi elle n'a apporté qu'un peu plus de noirceur au roman mais sans pour autant "conclure" l'histoire.  Je regrette aussi que le côté "so british" ne ressorte pas plus de ce roman, il pourrait se passer dans quelle petite ville de province de France ou de Navarre… Heureusement le style de J.K. Rowling est fluide et l'ensemble se lit aisément.

Note : 11/20
Lecture dans le cadre des matchs de la Rentrée Littéraire 2012 de Price Minister que je remercie.
http://www.priceminister.com/offer/buy/171949684/une-place-a-prendre-parution-le-28-09-2012-de-j-k-rowling.html

dimanche 14 octobre 2012

Skin, Mo Hayder


Lorsque le corps d'une jeune femme est découvert aux abords d'une voie ferrée près de Bristol, la police, mobilisée par une enquête beaucoup plus médiatique, accueille avec soulagement le rapport d'autopsie concluant au suicide. Le commissaire Jack Caffery, pourtant, ne se range pas à cet avis. Convaincu qu'il s'agit d'un meurtre, il tente de faire part de ses doutes au sergent Flea Marley. Mais celle-ci, prise dans une tragique histoire familiale, n'est pas en mesure de l'écouter. L'un comme l'autre sont encore loin de s'imaginer vers quelle monstrueuse réalité ils s'acheminennt...
Sur un tempo tout aussi implacable que celui de "Rituel," "Skin" nous entraîne dans les abysses les plus noirs de l'âme humaine. Un voyage au bout de l'horreur parfaitement orchestré par Mo Hayder.

Je n'ai pas lu de Mo Hayder pendant un petit moment tant j'avais été déstabilisée par "Pig Island", sans parler de "Tokyo" ! "Rituel" m'avait réconciliée avec elle et quand je suis tombé sur "Skin", je me suis dit "pourquoi pas ?", ça ne pourra pas être plus gore que "Pig Island" ! J'ai retrouvé avec plaisir Flea Marley, plongeuse de l'unité sous-marine de la police, et Jack Caffery, électron libre de la police criminelle. Ce personnage traîne toujours ses vieux démons dans son sillage, ce qui le rend touchant mais aussi exaspérant, on aimerait qu'il passe à autre chose ! Quant à l'intrigue, si elle n'a rien de très innovant  elle est diablement efficace, distillant au compte goutte des détails plus macabres les uns que les autres… On se retrouve dans une enquête policière mêlée à des superstitions, les personnages dépravés y ont la part belle ! Et face à tout ça, le personnage de Flea se démène avec sa vie professionnelle et sa vie personnelle, elle apparaît terriblement humaine et va devoir faire face à une trahison qui va totalement l'anéantir et la conduire à agir de façon irréparable… Et tout ça sous le regard perdu de Caffery… Le tout est orchestrée de main de maître par une Mo Hayder au top de son "génie macabre" !

Le Montespan, Jean Teulé


Au temps du Roi-Soleil, avoir sa femme dans le lit du monarque était pour les nobles une source de privilèges inépuisable. Le jour où Louis XIV jeta son dévolu sur Mme de Montespan, chacun, à Versailles, félicita le mari de sa bonne fortune. C'était mal connaître Louis-Henri de Pardaillan, marquis de Montespan…
Gascon fiévreux et passionnément amoureux de son épouse, Louis-Henri prit très mal la chose. Dès qu'il eut connaissance de son infortune, il orna son carrosse de cornes gigantesques et entreprit de mener une guerre impitoyable contre l'homme qui profanait une union si parfaite. Refusant les honneurs et les prébendes, indifférent aux menaces répétées, aux procès en tous genres, emprisonnements, ruine ou tentatives d'assassinat, il poursuivit de sa haine l'homme le plus puissant de la planète pour tenter de récupérer sa femme…

Le style de Jean Teulé est une nouvelle fois réjouissant et son personnage du Montespan est un vrai régal : le plus célèbre cocu de France va affronter le plus puissant du royaume : Louis XIV lui-même ! Louis-Henri de Pardaillan, ne sera connu et reconnu que parce qu'il est le mari de La Montespan, mais ce mariage ne lui apporte pas le bonheur escompté, bien au contraire ! Sa ravissante épouse ne pense que paillettes et vie facile, le plus simple pour y arriver : s'attirer les bonnes grâces du roi, ce qu'elle réussit sans trop de mal ! Et si les maris cocufiés par le Roi en sont honorés et savent en tirer partie financièrement, Le Montespan, lui, est amoureux de sa femme et se refuse à la laisser au Roi. Son comportement est tragi-comique : on se délecte de le voir mettre des cornes sur son carrosse mais on s'attriste de le voir si malheureux, de voir qu'il ne peut rien faire contre le désespoir de sa fille qui se languit de sa mère. Il est seul contre tous mais jusqu'au bout, il ne renoncera jamais à récupérer sa femme, le seul amour de sa vie. Et comme toujours, le style de Jean Teulé permet à cette histoire de ne jamais être ennuyeuse ou déprimante, à lire donc !

dimanche 30 septembre 2012

Et tu périras par le feu - Karen Rose


Hantée par une enfance dominée par un père brutal – que son entourage considérait comme un homme sans histoire et un flic exemplaire –, murée dans le silence sur ce passé qui l’a brisée affectivement, l’inspecteur Mia Mitchell, de la brigade des homicides, cache sous des dehors rudes et sarcastiques une femme secrète, vulnérable, pour qui seule compte sa vocation de policier. De retour dans sa brigade après avoir été blessée par balle, elle doit accepter de coopérer avec un nouvel équipier, le lieutenant Reed Solliday, sur une enquête qui s’annonce particulièrement difficile : en l’espace de quelques jours, plusieurs victimes sont mortes assassinées dans des conditions atroces. Le meurtrier ne s’est pas contenté de les violer et de les torturer : il les a fait périr par le feu… Alors que l’enquête commence, ni Mia ni Reed ne mesurent à quel point le danger va se rapprocher d’eux, au point de les contraindre à cohabiter pour se protéger eux-mêmes, et protéger ceux qu’ils aiment…

L'intrigue est intéressante, mais malheureusement, tout est très stéréotypé : les personnages, que ce soit les bons ou les méchants, le déroulement de l'histoire. Le tout se lit sans déplaisir, mais au final, je n'ai pas été convaincue totalement. L'histoire "sentimentale" entre deux des personnages n'apportent absolument rien à l'intrigue, au contraire, je trouve que ça la dessert. Par moment, l'auteure s'éparpille, entre la crise d'adolescence de Beth, la grossesse de Dana, les états d'âme de l'amoureux transi de Dana… tout ça fait perdre du rythme au déroulement de l'intrigue… Dommage !

dimanche 16 septembre 2012

Sans douceur excessive, Lee Child


Assis à la terrasse d'un café de New York, l'ancien flic de la police militaire américaine Jack Reacher regarde un type traverser la rue, monter dans une Mercedes et disparaître. Rien que de très banal. Sauf que le coffre de la voiture contient un million de dollars de rançon. Edward Lane, l'homme qui l'a versée, est prêt à payer la même somme à celui qui l'aidera à retrouver sa femme et sa belle-fille kidnappées et, à cet effet, il contacte Reacher. Qui accepte la mission: il est toujours prêt à donner un coup de main en cas de besoin et il n'y a pas meilleur que lui dans ce genre de travail. Mais, à force de se renseigner sur ce qui a pu déclencher ce kidnapping, Reacher comprend que les apparences sont trompeuses: Lane dirige une milice privée engagée dans des coups tordus et lui cache certaines choses qui risquent de faire capoter sa mission. Néanmoins, il a donné sa parole et devra aller jusqu'au bout, au risque d'y perdre la vie.

Il y avait bien longtemps que je n’avais pas lu un « Lee Child » et c’est avec plaisir que j’ai retrouvé Jack Reacher, ce « poor lonesome cowboy » ! Comme toujours, l’intrigue est bien huilée, solide et efficace, allant droit à l’essentiel. Et comme toujours Reacher se trouve embarqué (presque malgré lui) dans une aventure où se mêlent des personnages hauts en couleurs. Et face à chaque situation, on découvre un peu plus de la personnalité complexe de Reacher, parfait dans son rôle de héros ou plutôt, à mon sens, d’anti-héros. Le rythme, soutenu, ne laisse aucun répit au lecteur, tout va vite, très vite.  Tout est parfaitement orchestré, on ne parvient pas à lâcher ce livre qui est passionnant de bout en bout. Le style de Lee Child, très incisif, ne s’embarrasse pas de fioritures et contribue à nous livrer un suspense haletant, rendant le lecteur complètement accro ! Un livre à consommer sans modération !!

L’enfant perdu, John Hart


Un soir, alors qu'elle rentrait chez elle, la jeune Alyssa Merrimon disparaît. Un an après, Johnny, son frère jumeau, fouille toujours leur petite ville de Caroline du Nord, rue par rue, s'introduisant chez des hommes soupçonnés de comportements déviants, au risque de se faire prendre. Clyde Hunt, le policier chargé de l'affaire, le surveille discrètement, tout comme sa mère qui reste inconsolable. Mais la disparition d'une deuxième fillette, suivie de plusieurs découvertes macabres vont ébranler toute la petite communauté et menacer Johnny.          

C’est le premier roman de John Hart que je lis et je ne suis pas déçue, loin de là ! L’intrigue est menée de main de maître, et ce qui en fait l’originalité, c’est que l’on est confronté dès le départ à la personnalité de Johnny, ce jeune garçon dont la sœur a disparu. Pendant tout le roman on suit la quête de Johnny pour retrouver sa jumelle. L’univers de cet enfant a disparu en même temps que sa sœur, d’une famille heureuse et épanouie, il ne reste plus rien. On s’attache à ce jeune garçon qui a la naïveté de croire qu’il pourra retrouver sa sœur, que son père sera à nouveau à ses côtés et qu’il retrouvera sa mère telle qu’elle était avant le drame. Les personnages qui gravitent autour de lui sont tout aussi complexes et ils ont tous quelque chose soit à cacher soit à prouver. L’histoire est magistralement bien construite, John Hart nous entraîne de fausses pistes en révélations, sans jamais tomber dans la facilité, nous menant à un dénouement inattendu, et ce, sans jamais lasser le lecteur. Un livre et un auteur à découvrir !

Red Room Lounge, Megan Abbott


Die a Little renvoie à une célèbre chanson de Gerswhin : « chaque fois que je te quitte, je meurs un peu ». 
Dans la banlieue de Los Angeles, Lora, jeune enseignante, et son frère Bill vivent en harmonie dans la maison héritée de leurs parents. Un soir, une jolie inconnue a un accident de voiture. Bill, qui est flic, l’emmène à l’hôpital, en tombe amoureux et l’épouse vite fait. Maîtresse de maison irréprochable, la belle Alice cartonne dans la communauté avec ses barbecues du dimanche et tourne la tête de tous les hommes. Lora, contrainte de quitter la maison familiale au bénéfice du jeune couple, pressent chez elle une tension inexplicable et s’interroge : pourquoi son énigmatique belle-sœur est-elle si discrète lorsqu’on lui parle de sa vie passée ? Il y a forcément une face cachée de l’iceberg, encore que « iceberg » soit tout sauf le mot juste… 
Dans le registre de la relation entre femelles rivales, Megan Abbott jongle avec toutes les facettes du stupre, de la jalousie et de la vengeance, opposant la petite vie tranquille des banlieues résidentielles aux turpitudes du milieu des truands. Et des deux femmes, la plus fatale n’est pas celle que l’on croit.

J’avais lu des commentaires plutôt positifs sur ce roman, mais je n’ai pas accroché, j’ai essayé mais je me suis ennuyée, je passais des pages pour voir ce qui allait se passer… Pourtant, dès les premières pages, on ressent la tension qui existe entre les deux personnages féminins. L'une est la sœur et l’autre l’épouse, pourtant la rivalité est palpable entre elles deux. Les sentiments qu’elles ont pour le même homme les rapprochent mais les séparent également, d’où ces relations perverties et perverses. Dans ce roman, les hommes ont peu d’importance, ils servent de faire-valoir à ces deux femmes qui sous des apparences cordiales, cachent sans doute quelque secret… Lesquels ? Je ne sais pas, j’ai abandonné car à chaque nouveau chapitre, j’attendais que quelque chose se passe, et rien… Et c’est dommage car la psychologie de ces deux femmes est bien décrite, mais… mais, il m’a manqué ce petit quelque chose qui me fait dévorer un livre…

samedi 18 août 2012

Mangez-le si vous voulez - Jean Teulé


Nul n’est à l’abri de l’abominable. Nous sommes tous capables du pire ! Le mardi 16 août 1870, Alain de Monéys, jeune périgourdin, sort du domicile de ses parents pour se rendre à la foire de Hautefaye, le village voisin. C’est un jeune homme plaisant, aimable et intelligent. Il compte acheter une génisse pour une voisine indigente et trouver un couvreur pour réparer le toit de la grange d’un voisin sans ressources. Il veut également profiter de l’occasion pour promouvoir son projet d’assainissement des marais de la région. Il arrive à quatorze heures à l’entrée de la foire. Deux heures plus tard, la foule devenue folle l’aura lynché, torturé, brûlé vif et même mangé. Comment une telle horreur est-elle possible ? Comment une population paisible (certes angoissée par la guerre contre l’Allemagne et sous la menace d’une sécheresse exceptionnelle) peut-elle être saisie en quelques minutes par une telle frénésie barbare ? Au prétexte d’une phrase mal comprise et d’une accusation d’espionnage totalement infondée, six cents personnes tout à fait ordinaires vont pendant deux heures se livrer aux pires atrocités. Rares sont celles qui tenteront de s’interposer. Le curé et quelques amis du jeune homme s’efforceront d’arracher la malheureuse victime des mains de ces furieux et seule Anna, une jeune fille amoureuse, risquera sa vie pour le sauver.
Incapable de condamner six cents personnes d’un coup, la justice ne poursuivra qu’une vingtaine de meneurs. Quatre seront condamnés à mort, les autres seront envoyés aux travaux forcés. Au lendemain de ce crime abominable, les participants hébétés n’auront qu’une seule réponse : « Je ne sais pas ce qui m’a pris. »
Avec une précision redoutable, Jean Teulé a reconstitué chaque étape de cet atroce chemin de croix qui constitue l’une des anecdotes les plus honteuses de l’Histoire du XIXe siècle en France.

Cette histoire, tirée d’un fait divers réel, est tout simplement inimaginable. Elle m’a laissé totalement abasourdie, comment un tel déchaînement de violence contre une seule et même personne est-il possible ? Jean Teulé nous retrace étape par étape (un croquis illustre chaque chapitre) l’horrible chemin de croix de Alain de Monéys, jeune Périgourdin apprécié de tous et qui va se faire lynché, brûlé et mangé par une foule devenue complètement folle. Le départ de la cette folie ? une simple phrase mal interprétée, elle va engendrer le défoulement d’une foule frustrée par le conflit franco-prussien, la sécheresse qui met leur vie en péril et accentué par l’alcool. Les amis de Monéys essaient de faire tout ce qu’ils peuvent pour le sauver, pour essayer de ramener cette foule à la raison, lui-même tente de leur rappeler qui il est, mais tout ça est vain, la folie qui s’est emparée de ces gens est la plus forte et rien ni personne ne pourra changer le destin tragique ce héros ordinaire face à la folie meurtrière de gens tout aussi ordinaires. Sur les 600 protagonistes, seulement 21 seront jugés, et aucun d’entre eux ne sera capable d’expliquer ce déchaînement insensé, et même si 4 d’entre eux seront condamnés à  mort, le tout laisse un sentiment non seulement d’angoisse mais aussi d’incompréhension. Le style de Jean Teulé, presque « léger » renforce le côté dérangeant de ce fait divers : de banals humains des plus ordinaires peuvent se transformer en monstres sanguinaires sous l’influence d’une folie collective… Un récit que j’ai lu d’une seule traite et qui ne m’a pas laissée indifférente, loin s’en faut !

mercredi 15 août 2012

Visions - Lisa Jackson


Terrifiée par un cauchemar qui l’a plongée avec un réalisme saisissant au beau milieu d’une scène de meurtre, Olivia Benchet se réveille en sursaut, le cœur battant. Elle est seule, pourtant, dans cette maison du bayou, près de La Nouvelle-Orléans, où elle est venue s’installer. Seule, mais avec une certitude atroce : les images du crime auquel elle vient d’assister étaient trop précises pour n’être que celles d’un cauchemar. Cette scène est bien réelle, elle en est sûre. Tellement sûre que, contre toute logique, elle décide d’aller trouver l’inspecteur Rick Bentz, un personnage solitaire et secret dont elle gagne peu à peu la confiance. Pourtant, malgré l’aide et la protection de Bentz, Olivia doit affronter seule les visions nocturnes qui continuent de la hanter, des visions qui la mettent peu à peu dans les pas de l’assassin. Mais elle est loin de deviner que celui-ci est justement en train de se concentrer sur elle, comme sur une proie…

Le titre et la quatrième de couverture m’ont attirée et je me suis laissée happer par une intrigue au rythme soutenu, avec des rebondissements et des fausses pistes. Lisa Jackson nous offre une palette de personnages au caractère bien trempé, certains d’entre eux deviennent même des suspects potentiels au fil des pages. Le sujet de l’enquête est assez singulier : un tueur en série fait subir à des femmes les mêmes supplices qui ont été infligés à certaines Saintes de la religion catholique, et il choisit les plus violents et les plus glauques. Face à lui, Olivia Benchet et Rick Bentz. L’une à des visions des crimes et l’autre, le flic pur et dur, est là pour résoudre l’enquête. Derrière le « classique » de la situation, on découvre des personnages plus complexes que les apparences pourraient laisser penser. Les relations qu’entretient Olivia Benchet avec les hommes n’est pas des plus simples, tout comme celles qu’entretient Bentz avec les femmes… Ces deux là étaient faits pour se rencontrer ! Il est vrai que la romance entre les deux n’apporte pas grand chose à l’intrigue mais elle « adoucit » le climat du roman, et permet au lecteur de souffler un peu. Et si au fil des pages on pense deviner l’identité du serial killer, il n’en est rien, il faudra attendre la fin pour le découvrir dans une scène des plus apocalyptiques !

dimanche 12 août 2012

Frictions - Leigh Redhead


Lorsqu'une jeune prostituée se tranche les veines dans sa baignoire tout le monde conclut à un suicide, évidemment. Mais lorsque la jeune femme en question est Tamara Wade, la fille adoptive de l'éminent avocat Emery Wade, les choses se corsent.
Un ancien client de Tamara contacte Simone Kirsch, ex-strip-teaseuse devenue détective privé, et lui demande de mener l'enquête. Grâce aux contacts qu'elle a gardés dans le milieu, cette dernière pénètre aisément les salons de massage très spéciaux dans lesquels officiait la victime. Elle y interroge ses amis(e)s et se rend compte que la jeune femme était aux prises avec la mafia locale. Une sombre histoire de dettes… Dès lors l'enquête prend une autre tournure. Et si Tamara était allée chercher l'argent là où il se trouve ? Chez son cher papa, par exemple – tellement soucieux de protéger sa réputation et celle de sa famille…
Bientôt en ligne de mire des ennemis de Tamara, Simone s'entoure de deux policiers dont l'un ne tarde pas à devenir un peu plus qu'un simple confrère…


Après « Génésis », je ne savais pas trop vers quoi me tourner, je suis tombée sur ce livre et je me suis dit « pourquoi pas ? ». J’avais envie d’en savoir un peu plus sur cette héroïne ancienne strip-teaseuse (comme l’auteure…). Dès la première page, on entre dans cet univers plutôt sulfureux des salons de massage, avec ses personnages stéréotypés mais pas dénués d’intérêt et rapidement l’intrigue se met en place. Simone Kirsch est vraiment un personnage hors du commun : c’est une ancienne strip-teaseuse plutôt « hot » qui mêle joyeusement alcool et sexe, son côté « Gaston Lagaffe » apporte une touche d’humour à l’histoire et elle reste malgré tout très « fleur bleue ». Elle est entourée d’une équipe décalée qui nous fait passer des moments assez truculents ! Si au départ, le langage plutôt cru et les scènes de sexe me semblaient superflus, je dois avouer qu’il n’en est rien, cela nous permet de mieux cerner l’héroïne. L’intrigue n’est pas exceptionnelle, mais les dialogues, l’humour, les personnages décalés font de ce roman un petit régal à consommer sans modération !

Génésis - Karin Slaughter



Quelqu’un l’a torturée…
Torturée longuement…
L’ancien médecin légiste de Grand County, Sara Linton, travaille depuis trois ans dans un grand hôpital, à Atlanta, et essaie de reconstruire sa vie. Quand arrive aux urgences une femme très grièvement blessée, elle se retrouve plongée dans le monde de la violence et de la terreur.
L'inspecteur Will Trent du Georgia Bureau of Investigation, dépêché sur les lieux, va découvrir que la patiente de Sara est la première victime d'un tueur sadique, d'un esprit dérangé.


Retirant l'affaire à la police locale, Will et sa co-équipière Faith Mitchell vont traquer le tueur. Sara, Will et Faith — avec leurs propres blessures et leurs secrets — sont les seuls à pouvoir analyser le cerveau d'un tel détraqué et l'empêcher de perpétrer ses abominables meurtres.
Karin Slaughter nous offre une fois de plus une intrigue impeccablement tissée, à la fois roman à suspense, polar psychologique et portrait cru de la vie de flic...

J’avais dit que je laissais de côté pour l’instant les livres plutôt gores, je me suis fait une cure de Susan Hill, c’était parfait. Mais là, stupeur et damnation ! On entre directement dans le vif du sujet ! Et je dois dire que ma bonne résolution est partie en fumée ! L’action se déroule sur un temps très court, et on retrouve les mêmes personnages que dans « Irréparable », Will et Faith, et aussi Sara qui est maintenant médecin aux urgences de l’hôpital (personnage des « Grant County »).
Ces personnages ont bien évolué depuis « Irréparable » : Will est séparé d’Angie, il est toujours ce super flic tout en retenue, camouflant du mieux qu’il peut sa dyslexie, mais il arrive toujours à ses fins. Faith est séparée de Victor mais se retrouve enceinte et en plus, elle est diagnostiquée diabétique niveau 2, pas vraiment ce qu’elle attendait. Quant à Sara, on la retrouve totalement brisée après la mort de son mari, elle donne l’impression de survivre dans un état second… Et ces trois personnages se retrouvent face à une enquête difficile mettant en scène un serial killer des plus sadiques. On est confrontés à la perversité de ce tueur, et peu à peu aussi à son intelligence, car les enquêteurs se retrouvent sans aucune piste, et face à des profils de victimes assez particuliers. Ces femmes sont toutes décrites comme antipathiques, totalement dénuées de sentiment et profondément égoïstes. Comme toujours, l’intrigue, très bien ficelée, est menée tambour battant, ne nous laissant aucun répit, mêlant astucieusement l'enquête et la psychologique des personnages.
Encore une fois Karin Slaughter nous offre un roman parfait : les personnages sont des héros complexes, fragiles et tellement attachants. L’intrigue est toute en finesse et si la personnalité des victimes est dérangeante, elle vient apporter ce petit plus qui donne au roman ce style bien particulier. Et si ce qui m’est venu à l’esprit la dernière page tournée a été « ouf ! » j’attends le prochain avec impatience! 

dimanche 5 août 2012

La mort a ses habitudes - Susan Hill




A quelques semaines de la grande fête locale, un sniper terrorise la paisible ville de Lafferton. Une toute jeune mariée qui attend le retour de son époux, la maman célibataire d'un bébé de dix-huit mois, deux adolescentes à l'entrée d'une boîte de nuit... D'un bout à l'autre de la ville, un homme armé tue des jeunes femmes, froidement, sans laisser le moindre indice derrière lui. Quel est le lien entre les agressions? Y en a-t-il seulement un? Jamais le commissaire Simon Serrailler, en charge de l'affaire, n'a démarré une enquête avec si peu d'éléments et dans une telle tension professionnelle et personnelle... En même temps, il doit faire face à la tragédie qui frappe l'être dont il est le plus proche au monde: sa sœur Cat. Des personnages plus vrais que nature, un suspense millimétré, sans oublier l'irrésistible Simon Serrailler qui, dans cette nouvelle enquête, nous conquiert définitivement : Susan Hill au meilleur de son art.

Encore un roman de Susan Hill me direz-vous ? Et bien oui ! et c’est celui que je préfère de tous ceux que j’ai lus jusqu’à présent.
Comme dans les précédents romans, l’intrigue policière est imbriquée dans la vie de la famille Serrailler et tous les personnages qui gravitent autour se croisent à un moment ou à un autre. Nous découvrons le tireur, ses pensées les plus secrètes, son lent cheminement vers sa folie, mais sans jamais avoir un indice sur son identité. En parallèle, nous partageons la vie de Simon Serrailler, de sa famille, leurs peines, leurs doutes, leurs espoirs aussi. Susan Hill s’attache à décrire des personnages complexes et réalistes, et si le côté « roman » prend parfois le dessus sur l’intrigue policière, le suspense est là et bien là au détour de la page. Le personnage de Cat, la sœur de Simon, s’est étoffé par rapport au dernier roman : elle est médecin, son mari aussi mais il est atteint d’une maladie incurable ; leurs certitudes de professionnels face à cette maladie s’écroulent complètement, ils deviennent de simples patients et eux qui se sentaient tellement confiants dans leur savoir, dans leur façon de réconforter leurs patients, sont totalement impuissants à surmonter cette épreuve. On retrouve cette ambiguïté des sentiments pour d’autres personnage et cela donne un côté encore plus réaliste à l’atmosphère et c’est peut-être ce petit « plus » qui fait que j’ai une préférence pour ce roman. Je le trouve « diablement » bien écrit et construit de façon à nous tenir en haleine du début jusqu’à la fin, on est complètement « accro » aux personnages et je n’ai qu’une hâte : lire « les ombres de la rue », la suite des aventures de Simon Serrailler !

mardi 31 juillet 2012

Ceux que savent les morts - Laura Lippman


Un jour, la vie des Bethany vole en éclats lorsque leurs deux filles, âgées de onze et quinze ans, disparaissent dans un centre commercial de Baltimore. Leurs corps n'étant pas retrouvés, les enquêteurs ne comprennent pas comment on a pu les enlever sans qu'un seul indice permette d'identifier le ou les coupables. Y a-t-il eu violences (mais... sans témoins dans un lieu très fréquenté?) ou ont-elles été attirées à l'extérieur du centre? Mais par qui et comment? Et voilà que trente ans plus tard, une jeune femme très choquée par un accident de voiture dit être la cadette des sœurs. Sceptiques, les enquêteurs veulent savoir où elle était passée, pourquoi elle a attendu si longtemps pour se faire connaître, bref, si elle dit la vérité. Hormis certains détails que seul quelqu'un de la famille pourrait connaître, rien en effet n'étaye les dires de la dame, tout conduisant à des impasses... qui, fait troublant, ont de plus en plus de sens et semblent compromettre un ancien flic de la ville.

Je ne connaissais pas Laura Lippman, je suis tombée sur ce livre par hasard… et je ne suis pas déçue. Si l'intrigue peut paraître convenue au premier abord, le fait que la disparition de ces deux petites filles ait eu lieu 30 ans plus tôt fait la différence. Petit à petit Laura Lippman nous distille la vie de ses personnages. Flash back après flash back, les protagonistes se mettent en place, on découvre des êtres d'une vie ordinaire pour qui tout bascule avec cette disparition. Toutes les certitudes se brisent, les vies se disloquent et chacun reste seul avec sa douleur. L'enquête sur cette "rescapée" surgit de nulle part est le fil conducteur, et si on a hâte de savoir qui elle est vraiment, on ne veut pas aller trop vite, on veut savoir comment était la vie "avant", vie ordinaire faite de petits riens… Ce côté "roman" très présent donne à l'ensemble un style qui se lit avec un réel plaisir. Et quand arrive le dénouement, l'impression d'une fin qui arrive trop rapidement est tenace et on se sent frustrée à l'idée de tourner la dernière page.
Avec ce style très particulier des retours en arrière sans ordre chronologique vraiment établi, Laura Lippman donnent à ses personnages une densité qui leur confère le premier rôle et c'est un véritable plaisir de lecture. 

Irréparable - Karin Slaughter

Avec ses belles maisons et ses rues bordées d’arbres, Ansley Park est l’un des quartiers les plus prisés d’Atlanta. Mais dans l’une de ces demeures parfaites, dans une chambre somptueuse d’adolescente, une jeune fille a été sauvagement assassinée. Sa mère horrifiée git au pied de l'escalier, après avoir tué à mains nues l’agresseur de sa fille.
L’inspecteur Will Trent du Georgia Bureau of Investigation est dépêché sur les lieux et ne tarde pas à s’apercevoir que la police locale a commis une grave erreur, en décelant ce qui échappe aux autres enquêteurs: quelque chose dans la traînée de sang, dans une preuve médico-légale, dans les yeux de la mère traumatisée. En quelques minutes, Trent prend le contrôle de l’affaire… et en découvre une seconde. Pour lui, cela ne fait aucun doute : une autre jeune fille a disparu et le tueur court toujours.
Entouré d'ennemis, dont une coéquipière qui a toutes les raisons de le haïr, Trent comprend que cette affaire, dans un décor luxueux, va faire ressurgir le désir de vengeance d'une poignée de personnages dont l'existence a été dévastée.


J'ai commencé ce roman avant de partir en vacances, quelques pages seulement. Je l'ai terminé dans une ambiance un peu particulière : une petite maison en Ecosse, à Boat of Garten près d'Aviemore. Si la matinée avait été relativement ensoleillée, cet après-midi là il tombait des cordes, l'orage grondait… Donc kit de secours spécial vacances : un bon bouquin, a cup of tea à portée de mains !
J'apprécie les romans de Karin Slaughter, et celui-ci ne fait pas exception, je l'ai dévoré. On entre tout de suite dans le vif du sujet : un crime dans les beaux quartiers, un enlèvement, une équipe de flics emmenée par une supérieure plutôt sadique !
Le personnage de Will Trent est attachant, c'est bien sûr un super flic mais qui est toujours sur la défensive pour ne pas dévoiler son "défaut". Que ce soit son équipière, sa compagne, les parents de la disparue, tous sont très crédibles, face à leur solitude, à leurs doutes.
Des liens du passé ressurgissent pour certains d'entre eux et nous dévoilent le pourquoi de leur fragilité.  L'intrigue, menée tambour battant, ne nous laisse pas un instant de répit, et nous entraîne vers une fin qui m'a totalement surprise.
Comme toujours, Karin Slaughter a su nous servir tous les ingrédients d'une bonne intrigue pour nous entraîner dans son monde… Le prochain sur ma liste : "Génésis" bien sûr, qui m'attend bien au chaud sur son étagère…

jeudi 21 juin 2012

Le poids du passé - Charlotte Link

Virginia mène une existence sans surprise dans sa demeure isolée du Norfolk, entourée de son mari et de sa fille. Jusqu'au soir où Nathan frappe à sa porte. Elle reconnaît aussitôt le naufragé qu'elle avait secouru quelques semaines auparavant en Ecosse. Pour la seconde fois, l'homme vient lui demander l'hospitalité. Sans savoir pourquoi, Virginia le laisse s'immiscer dans sa vie. Au fil des jours, les conversations deviennent plus intimes et celui qui n'était qu'un inconnu se révèle un confident au charme troublant. Elle d'habitude si secrète lui fait part du sentiment de culpabilité qui la ronge depuis des années. Mais lorsque sa fille disparaît, Virginia, désespérée, se met à soupçonner Nathan. Doit-elle regretter de s'être autant livrée à lui ? 

Que dire de ce livre ? L'auteure m'avait été conseillé par Licorne, qui est toujours de bons conseils ! mais là, je ne sais pas, je n'ai pas réussi à rentrer dans le livre, je me suis ennuyée dès les premières pages. J'ai persévéré, mais non, aucun déclic. Sur la bonne centaine de pages que j'ai lues, j'ai trouvé que l'histoire manquait de rythme, que les personnages étaient fades, je n'ai pas arrivé à accrocher. J'ai donc laissé tomber ! et ça ne m'arrive que rarement ! J'essaierai peut-être à nouveau plus tard un autre de ses romans… Peut-être…

jeudi 7 juin 2012

Où rôdent les hommes - Susan Hill

 Le sort s'acharne sur la petite commune de Lafferton, en Angleterre : David, neuf ans, a disparu sur le chemin de l'école. Le silence et la peur détruisent la famille du petit garçon et hantent ses camarades d'école. Certains noms sont prononcés : s'agit-il d'innocents injustement salis ou de suspects à traquer sans relâche ? Il y a Andy, garçon naïf tout juste sorti de prison ; Brent, pédophile repenti que ses voisins menacent de lyncher ; ou encore un mystérieux couple de milliardaires américains, tout juste installés en ville.
Simon Serrailler est chargé de l'affaire. Et chez le séduisant chef de la police locale, l'enquête éveille de douloureux échos...

J'apprécie toujours autant l'écriture fluide de Susan Hill, son style « so  british » , qui distille une atmosphère pleine de suspens. Dès les premières pages, on découvre Simon Serrailler, dont le portrait avait été esquissé dans « Meurtres à Lafferton »,  le rôle principal ayant été laissé à sa jeune inspectrice. Là, on le découvre, on apprend sa passion pour le dessin, on le voit décontenancé devant les graves handicaps dont souffre sa jeune sœur Martha, sa souffrance devant son impuissance à pouvoir dialoguer avec son père. Au fil des pages son portrait devient de plus en plus précis, son entourage également, on côtoie sa famille et on découvre des blessures secrètes. On n’a pas l’impression d’être dans un thriller, il n’y a pas d’hémoglobine qui coule à flot, de meurtres à chaque page… On a l’impression de lire une chronique sur la vie de la communauté de Lafferton… jusqu’à l’enlèvement du petit David, chacun des protagonistes ressentira ce rapt de façon différente. L’enquête tient en haleine tout au long du livre, elle fait se croiser des personnages comme Andy qui sort juste de prison et qui a un moment va être soupçonné parce qu’il a participé à un vol de voiture qui correspond à celle du kidnappeur, ou encore Brent le pédophile repenti… Tous ces personnages ont des états d’âmes et réagissent en fonction de leur ressenti. Même si l’enquête piétine, le rythme du livre reste prenant, on ne s’ennuie pas un instant, on est scotché aux personnages et on attend le dénouement avec impatience. La fin est à nouveau déconcertante, tout comme dans « Meurtres à Lafferton » mais elle laisse augurer le suspens du troisième opus de la série « Au risque des ténèbres » qui nous livre les clefs de cette intrigue.

Encore une fois, j’ai été charmée par ce livre et par le style tout en finesse de Susan Hill, et c’est une auteure que je vais continuer à suivre de très près, toujours une tasse de thé à portée de main…

vendredi 1 juin 2012

Meurtres à Lafferton - Susan Hill

À Lafferton, les disparitions suspectes sont un peu trop fréquentes ces derniers temps : Angela Randall, cinquantenaire travaillant dans une maison de retraite et Debbie Parker, jeune fille au physique ingrat, se sont volatilisées. Rien de commun entre ces deux femmes. Et pourtant? Simon Serrailler, le séduisant chef de la police locale, confie l'enquête à Freya Graffham, jeune inspectrice venant de Londres. Rapidement, elle soupçonne la présence d'un dangereux assassin dans la ville. Le seul lien unissant les disparues? La Colline, dont la silhouette, baignée de brume, domine Lafferton.

Après avoir lu "Au risque des ténèbres", le troisième opus de la trilogie mettant en scène Simon Serrailler, je suis revenue aux sources avec "Meurtres à Lafferton", le premier de la série.
Je suis toujours sous le charme de Susan Hill, de son style "so british", tout en finesse. Ici, tout est suggéré, il n'y a pas de détails sanglants.
Le personnage de Simon Serrailler se met peu à peu en place, avec ses certitudes et ses doutes et il prend de l'épaisseur au fil des pages. On découvre également Freya Grafham, une jeune inspectrice récemment arrivée de Londres avec dans ses valises, des souvenirs qu'elle ne demande qu'à oublier, c'est elle qui va se trouver au cœur de l'enquête. L'auteur nous livre toute une galerie de personnages par petites touches, on apprend à les connaître peu à peu et on s'y attache. Que ce soit les victimes, les enquêteurs ou les personnages plus "périphériques", tous à un moment ou un autre, vont se croiser. L'enquête se déroule elle aussi, peu à peu, tasse de thé après tasse de thé, et on se prend au jeu sans jamais s'ennuyer.
Et que dire de la fin ? On se laisse à l'imaginer tellement "happy end"… mais il n'en est rien, elle est déconcertante. Mais, après réflexion, elle est est parfaite, elle dénote la densité de l'histoire et donne envie de se jeter sur la suite de la trilogie… ce que je vais faire avec délice, une tasse de thé à portée de main…